La nouvelle cheffe de la CIA Gina Haspel accusée de torture

DirectLCI
POLÉMIQUE - Gina Haspel a été nommée ce mardi à la tête de la CIA par le président américain Donald Trump. Mais sa désignation est controversée : la nouvelle patronne des espions américains est en effet l'ancienne responsable des opérations clandestines menées dans les prisons secrètes où des détenus étaient notamment torturés.

Depuis février dernier, Gina Haspel, 61 ans, était directrice adjointe de l’agence de renseignement américaine, qu’elle a intégrée en 1985. Ce mardi matin, Donald Trump l'a nommée à la tête de la CIA. Elle devient ainsi la première femme à être désignée à ce poste, en remplacement de Mike Pompeo, que le président américain a choisi pour devenir le chef de sa diplomatie après le limogeage de Rex Tillerson.

En la nommant numéro 2 de la CIA il y a un an, Mike Pompeo déclarait : "Gina est une espionne exemplaire et une patriote dévouée qui apporte plus de 30 ans d’expérience dans l’agence. Elle est aussi une dirigeante expérimentée avec une aptitude fantastique à faire les choses et inspirer ceux qui l’entourent". Pourtant, deux sénateurs démocrates estimaient eux que "son parcours (faisait) qu’elle n’(était) pas adaptée pour ce poste".


Car auparavant, Gina Haspel était responsable des opérations clandestines dans les prisons secrètes, où des détenus étaient torturés. Selon le Washington Post, à l’époque, elle avait notamment "géré une prison secrète en Thaïlande où les détenus étaient soumis à des simulations de noyade et à d’autres mauvais traitements". Selon le quotidien, elle avait été aussi impliquée dans la destruction en 2005 de vidéos compromettantes sur ces techniques "d’interrogatoire poussé" appliquées sur plusieurs détenus en Thaïlande. 

Un rapport de 6700 pages sur les méthodes d'interrogatoire

Un rapport secret sur ce programme de tortures de la CIA a été réalisé en 2014 par la commission du Renseignement du Sénat. Mais le président actuel de cette commission, un Républicain, tente depuis plusieurs mois d’en rassembler les copies, assurant vouloir éviter les fuites. Les démocrates craignent que l’élu ne veuille en fait détruire toutes les copies de ce rapport et que la vérité sur ce programme de la CIA ne voit jamais le jour. 


Ce document de 6700 pages détaille les méthodes d’interrogatoire et les conditions de détention très controversée des suspects, en utilisant des techniques interdites comme la simulation de noyade ou la privation de sommeil pour obtenir des aveux. Un résumé de 528 pages avait été rendu public en décembre 2014. Mais la version complète, classifiée, comprend des détails sur les méthodes, les participants et les lieux. L'ex-président Barack Obama, qui craignait que ce rapport soit enterré, a conservé une copie pour sa librairie présidentielle de Chicago. Mais cette copie restera classifiée jusqu’en 2029.

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter