Disparition des animaux sauvages : "Là où il y en avait 100 en 1970, il n'y en a plus que 42 aujourd'hui"

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EXTINCTION - Selon un rapport de WWF, les populations d'animaux vertébrés se sont effondrées en près d’un demi-siècle. Et l'espèce humaine est la première responsable de ce déclin.

Les vertébrés sont plus que jamais en danger. Les populations de mammifères, poissons, oiseaux, amphibiens et reptiles dans le monde se sont effondrées de 58% en 42 ans, alerte le WWF dans son rapport Planète vivante 2016. Et ce déclin devrait se poursuivre si l’Homme ne fait rien : il pourrait atteindre en moyenne 67% d'ici à 2020, si rien n'est fait pour enrayer la tendance. "Là où il y avait 100 animaux en 1970, il n'y en a plus que 42 aujourd'hui. Et les deux-tiers de la vie sauvage auront disparus d'ici 2020", martèle Pascal Canfin, directeur général de WWF, sur LCI jeudi.


"C’est un constat qui nous frappe tous car ce sont l’ensemble des espèces qui sont concernées", ajoute Pascal Canfin. Pour mesurer leur évolution, le WWF a étudié 14.152 populations appartenant à 3.706 espèces vertébrées. Dans le détail, les animaux d'eau douce sont les plus touchés par cette régression (-81%), suivis par les espèces terrestres (-38%) et enfin les populations des milieux marins (-36%).

Une perte de l'habitat due à l'Homme

"Il y a une responsabilité particulière qui est celle de l'espèce humaine. Nous avons la responsabilité de la destruction de l'habitat, qui est la première cause de la destruction de ces espèces", explique Pascal Canfin.  La menace la plus fréquemment subie par les populations en déclin est en effet la perte ou la dégradation de leur habitat par les activités agricoles, l'exploitation forestière, l'extraction minière, les transports ou encore la production d'énergie. 


Mais sont également pointés du doigt la surexploitation (chasse, pêche, braconnage...), la pollution (industries, urbanisation..), les espèces invasives, les maladies. "L'humanité se met (...) elle-même en danger", résume le WWF. Car "quand le vivant disparaît, c'est le capital naturel qui disparaît. Et si on détruit ce capital naturel, on détruit notre capacité à vivre sur la planète dans la durée".

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En 40 ans, la Terre a perdu plus de la moitié de ses animaux vertébrés

Agir est d'autant plus urgent que, depuis le début des années 1970, l'action de l'homme détériore le capital naturel à un rythme supérieur à celui de sa reconstitution. Cette année, l'humanité vit "à crédit" depuis le 8 août, c'est-à-dire qu'elle avait déjà consommé à cette date la totalité des ressources que la planète peut renouveler en un an, selon l'ONG Global Footprint Network. Actuellement, l'humanité a besoin de l'équivalent de 1,6 planète.


Mais pour la première fois, une baisse de la pression exercée sur l'environnement a été constatée dans les pays les plus riches, se réjouit Pascal Canfin : "Nous voyons une inversion de tendance. Nous sommes encore très loins de ce qu'il faudrait faire mais nous commençons à adopter certains bons comportements."

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JT 13H - Effondrement de près de 60% des populations de vertébrés en 42 ans

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