La première femme pilote afghane demande l'asile politique aux Etats-Unis

La première femme pilote afghane demande l'asile politique aux Etats-Unis

MONDE - Niloofar Rahmani, la première femme pilote intégrée à l'armée afghane, a décidé de faire une demande d'asile politique aux Etats-Unis, craignant pour sa sécurité si elle retournait chez elle.

Niloofar Rahmani ne rentrera pas dans son pays. La première femme pilote d’Afghanistan, venue suivre une formation de 15 mois avec l'armée de l'air américaine, a décidé de rester vivre aux Etats-Unis. La veille de son départ, initialement prévu samedi 24 décembre, elle a annoncé sa volonté de faire une demande d’asile politique aux Etats-Unis, expliquant craindre pour sa sécurité si elle retournait en Afghanistan. Cette décision, "extrêmement difficile" à prendre, selon elle, a suscité de nombreuses critiques, notamment dans son pays où elle incarnait un espoir pour des millions de jeunes femmes.

"Ce qu'elle a dit aux Etats-Unis était irresponsable et inattendu. Elle devait être un modèle pour les autres jeunes Afghans", a critiqué un porte-parole du ministère de la Défense, Mohammad Radmanesh. "Elle a trahi son pays. C'est une honte". Celle que l’on surnomme la "Top Gun afghane" est la première femme pilote d'aéronefs à voilure fixe (avions motorisés et planeurs) dans l'histoire du pays et est également la première femme intégrée à l'armée afghane depuis la chute des talibans en 2001. Elle avait reçu à ce titre le prix international des "femmes de courage" du département d'Etat américain.

Mais ce succès lui a également valu de nombreuses menaces de mort de la part des insurgés. Quant à ses collègues masculins, nombre d'entre eux faisaient preuve de dédain à son égard, estimant que la place des femmes est au foyer. Interviewée l'an dernier, Niloofar Rahmani avait indiqué avoir constamment un pistolet sur elle en Afghanistan et ne jamais porter son uniforme en dehors de la base militaire pour éviter d'attirer l'attention. Des conditions de vie bien éloignées de celles des Etats-Unis.  

Face aux critiques, son avocate Kimberly Motley a affirmé que "Niloofar et sa famille ont reçu des menaces brutales, qui malheureusement ont confirmé que sa sécurité serait fortement compromise si elle revenait en Afghanistan. La vraie trahison à l'égard de l'Afghanistan vient de ceux qui menacent sa vie et celle de sa famille, et aussi de ceux qui continuent d'opprimer les femmes".

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