La présidente de Corée du Sud destituée par le Parlement

La présidente de Corée du Sud destituée par le Parlement

DESTITUTION - Park Geun-Hye, mouillée dans un gigantesque scandale de corruption, a été destituée par l'Assemblée nationale sud-coréenne, vendredi 9 décembre.

C'est une étape de plus vers la sortie. Les députés sud-coréens ont adopté ce vendredi une motion de destitution contre la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, la privant de ses pouvoirs exécutifs à cause d'un vaste scandale de corruption. Son autorité est transférée jusqu'à nouvel ordre au Premier ministre. "Je suis tellement désolée pour tous les Sud-Coréens d'avoir créé ce chaos national par ma négligence alors que notre pays fait face à tant de difficultés, allant de l'économie à la défense nationale", a réagi l’intéressée.

La motion a été adoptée par l'Assemblée nationale de façon écrasante, par 234 voix contre 56. Il faut dire que les députés porteurs du texte avaient menacé de démissionner si les 29 membres du parti conservateur, qui manquaient à la motion, venaient à se défausser. Park Geun-Hye conserve son titre de présidente, le temps que la Cour constitutionnelle valide ou non cette destitution. Ce qui pourrait prendre jusqu'à six mois. 

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    "Suspecte" aux yeux de la justice

    C'est donc un nouvel acte d'un feuilleton politique particulièrement haletant, qui a précipité des millions de Sud-Coréens dans la rue depuis sa révélation (deux millions le 26 novembre, dont 1,5 à Séoul), plus tôt cette année. La présidente sud-coréenne est en effet soupçonnée par la justice d'avoir favorisé l'attribution de dizaines de millions de dollars par des groupes industriels à des fondations douteuses, dont se serait servie la très trouble Choi Soo-Sil surnommée la "Raspoutine" sud-coréenne et arrêtée dans le cadre de cette affaire.

    Pour les Sud-Coréens, analyse l'AFP, le choc est d'autant plus brutal qu'au moment de son élection, Park Geun-Hye avait particulièrement mis en avant sa probité et son absence d'attachement hormis "celui à la Nation". 

    La corruption, une "tradition" coréenne

    Une stratégie qui lui vaut aujourd’hui une impopularité record – à peine 4% à la fin du mois de novembre. Et pour cause : les Coréens sont lassés des scandales à répétition. Depuis des décennies, les soupçons de corruption collent en effet à la peau de la classe politique de la péninsule. Depuis les premières élections libres en 1987, tous les présidents ont ainsi eu à répondre, après leur mandat, d'accusations de corruption touchant souvent le comportement de leurs proches.

    Fille du dictateur Park Chung-Hee (au pouvoir de 1961 à 1979), Park Geun-Hye ne devait, sur le papier, pas être rattrapée par ces travers. La tradition a pourtant été suivie et celle qui se croyait invulnérable au népotisme semble aujourd'hui plus proche que jamais de la sortie. 

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