La Russie réclame 11,4 milliards d’euros à l’Ukraine

La Russie réclame 11,4 milliards d’euros à l’Ukraine

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TENSIONS – La compagnie gazière russe Gazprom réclame 11,4 milliards d’euros à l’Ukraine, correspondant à une réduction du prix du gaz accordée depuis 4 ans. Le Premier ministre ukrainien a dénoncé une "agression gazière et économique".

Après l’agression militaire, l’agression économique. Samedi, le président de la compagnie gazière russe Gazprom, Alexeï Miller, a affirmé que l'Ukraine devrait rembourser 11,4 milliards de dollars. Une dette qui correspond à la réduction du prix du gaz qui était accordée au pays depuis quatre ans. Cette remise était prévue par l'accord de Kharkiv, signé en avril 2010, prolongeant jusqu'en 2042 l'utilisation par la flotte russe de la mer Noire de sa base de Sebastopol, en Crimée.

Sauf que la Russie a annulé cet accord, il y a quelques jours, prétextant qu’il n’avait plus lieu d’être puisque la Crimée est désormais rattachée à la Russie . L'Ukraine doit maintenant payer son gaz au tarif de 485 dollars les 1000 mètres cubes (contre 268 dollars auparavant), soit l’un des plus chers d’Europe. Dans le même temps, Gazprom a annoncé qu'il comptait se faire payer immédiatement les 2,2 milliards correspondant aux livraisons récentes.

L’Ukraine se tourne vers ses voisins européens

Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a refusé cette augmentation lors d’un conseil des ministres, samedi, dénonçant une "agression gazière et économique". "La Russie a échoué à s’emparer de l’Ukraine par l’agression armée. Elle lance maintenant le plan pour s’emparer de l’Ukraine par l’agression gazière et économique", a-t-il ajouté, appelant son gouvernement à être prêt "à ce que la Russie restreigne ou stoppe les livraisons de gaz" à l’Ukraine.

Vendredi, il avait déjà annoncé que son pays avait engagé en urgence des discussions avec ses voisins d'Europe centrale pour qu'ils lui vendent du gaz. Trois pays de l'Union européenne pourraient, selon M. Iatseniouk, répondre favorablement à sa demande en puisant dans leurs réserves : la Slovaquie, la Hongrie et la Pologne.
 

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