La tempête Hanna est-elle vraiment responsable de l'effondrement d'une partie du mur de Trump ?

La tempête Hanna est-elle vraiment responsable de l'effondrement d'une partie du mur de Trump ?
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DOUTES - D'après une vidéo, largement partagée sur les réseaux sociaux ces dernières heures, une section du mur érigé à la frontière américano-mexicaine n'aurait pas résisté au passage du premier ouragan de l'année sur la côte Atlantique. Mais d'aucuns s'interrogent sur l’authenticité de la séquence.

Des rafales pointant à 55 km/h soufflaient encore, dimanche 26 juillet, après avoir traversé le Texas en direction du nord-est du Mexique, selon le Centre national des ouragans. Hanna, premier phénomène du genre de l'année 2020 sur la côte Atlantique, a été rétrogradé ce dimanche en tempête tropicale en balayant cet Etat du Sud des Etats-Unis, déjà très affecté par l'épidémie de Covid-19.

Si aucune victime ni aucun dégât important n'ont été signalés, alors que le Texas et le Mexique ont levé leurs alertes dans l'après-midi, une vidéo très relayée sur la Toile laisse penser qu'une partie du mur frontalier américano-mexicain de Donald Trump n’aurait pas résisté au passage de cet épisode météorologique extrême. Vraiment ? 

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Une séquence ancienne et décontextualisée

Publiée sur Twitter par les journalistes mexicains Yadith Valdez et Jenero Villamil ce dimanche, la séquence montre des ouvriers face à des rafales violentes faisant vraisemblablement s'effondrer au sol une portion d'une structure en acier, semblable à celle érigée à la frontière américano-mexicaine .

Devenue virale, la publication a donné lieu ces dernières heures à des commentaires empreints d'ironie ainsi qu'à des détournements variés sur la Toile, d'aucuns comparant cette destruction partielle à une intervention divine et le présage d’un effondrement imminent de l’administration Trump.

Selon Jenero Villamil, cette destruction partielle s'est produite à la frontière entre le Texas et l'État mexicain de Tamaulipas au moment du passage de Hanna, accompagnée de fortes pluies et de bourrasques. 

Mais plusieurs commentateurs mettent en doute cette version, et derrière elle l'authenticité de la fameuse séquence. C'est notamment le cas du journaliste du Washington Post Nick Miroff qui rappelle, comme de nombreux autres internautes, qu’un segment de l'édifice controversé avait déjà été détruit en janvier dernier en Californie. D'après lui, la vidéo relayée sur les réseaux sociaux depuis ce dimanche, pourrait notamment remonter à cette période.

Autre source de scepticisme ? Le niveau de luminosité observé sur la vidéo. "L'ouragan nous a frappés la nuit, mais on dirait que (le segment) a été abattu pendant la journée", a notamment déclaré Roderick Kise, le porte-parole du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP) cité par plusieurs médias qui l'ont contacté au sujet de cette séquence . Ce dernier, soulignant par ailleurs que l'environnement filmé sur la vidéo ne ressemble pas à la basse vallée du Rio Grande, dans le Texas.

Hanna pourrait continuer à faire des dégâts

Le tweet de Yadith Valdez avait été partagé plus de 10 000 fois et avait recueilli près de 20 000 likes dimanche soir. Il a depuis été supprimé. "Pour la fureur de la nature, il n’y a pas de frontières", disait-il notamment pour accompagner la vidéo. Sollicitée par plusieurs médias, dont vraisemblablement USA TODAY, cette dernière n'aurait pour l'heure pas donné suite.

Pour rappel, le mois dernier, Donald Trump a vanté depuis l’Arizona l’efficacité de l'édifice controversé construit sur une partie de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, assurant qu’il avait été très utile en particulier contre le Covid-19. 

Promis le jour du lancement de sa campagne, le 16 juin 2015, ce "mur magnifique" dont la description et la taille ont varié au fil des meetings, est une source de frustration récurrente pour le président américain depuis son arrivée au pouvoir.

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De leur côté, les météorologistes ont averti que les fortes pluies consécutives au passage de Hanna pouvaient encore produire des "inondations présentant un danger de mort" dans le sud du Texas et des glissements de terrain dans le nord du Mexique.

Les dégâts sont apparus limités dans un premier temps, avec seulement quelques inondations et des coupures de courant localisées. Selon des images des services météorologiques de Corpus Christi, l'eau a atteint le musée d'art de la ville, situé en bord de mer. D'autres images, diffusées par la chaîne CBS montraient des routes et un camping de la ville jonchés de débris et d'arbres abattus, ainsi que plusieurs bâtiments semble-t-il démolis.

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