La tension monte entre Washington et Moscou autour des incidents dans le ciel syrien

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SYRIE – La tension entre la coalition emmenée par les Etats-Unis et la Russie en Syrie ne cesse de monter autour des incidents constatés dans le ciel syrien. L'Otan s'inquiète de la sécurité des forces engagées pour combattre le groupe djihadiste Daech.

Se dirige-t-on vers un incident dans le ciel syrien ? Sur le terrain, les problèmes liés aux interventions de la coalition anti-Daech d'une part et de la Russie d'autre part se multiplient. Selon un porte-parole du Pentagone, la coalition occidentale a dû "re-router" au moins un de ses avions au-dessus de la Syrie pour éviter qu'il ne s'approche trop près d'un avion russe, a-t-on appris mercredi. Le week-end dernier, des Soukhoï russes ont par deux fois violé l'espace aérien turc près de la frontière syrienne, provoquant la colère d'Ankara.

L'un d'eux a été intercepté par deux chasseurs turcs samedi. Selon une source diplomatique à Bruxelles, le pilote du Soukhoï 30, qui a volé pendant deux minutes 30 secondes au-dessus de la Turquie, aurait "accroché son radar" sur les F-16 turcs qui l'avaient intercepté. Une manœuvre inamicale montrant que l'appareil est prêt à tirer. Les pilotes turcs auraient alors riposté en accrochant également leur radar sur l'avion de combat russe.

Une zone d'exclusion aérienne en Syrie ?

Face à ces provocations, les inquiétudes grandissent autour de l'intervention en Syrie de puissances aux intérêts divergents. "Nous voyons maintenant différents pays, différentes coalitions opérer dans le ciel au-dessus de la Syrie, cela crée une situation pleine de dangers et très délicate", a ainsi déclaré lundi le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric. Dans le même temps, l'Otan a jugé "extrêmement dangereuses" les incursions russes dans le ciel turc.

Dans ce contexte, et alors que les ministres de la Défense de l'Alliance atlantique se réunissent ce jeudi à Bruxelles, l'administration américaine a prudemment reparlé mercredi de l'hypothèse d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Syrie, réclamée par la Turquie.

90% des frappes russes ne viseraient pas Daech

Washington a par ailleurs réaffirmé que les frappes russes visaient principalement des organisations armées syriennes modérées qui combattent le régime de Damas. Seuls 10% des bombardements russes viseraient le groupe djihadiste Daech, contre lequel combat la coalition emmenée par les Etats-Unis, rapporte l'administration américaine.

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En outre, les actions militaires russes se multiplient dans le pays. Moscou a ainsi indiqué que des croiseurs de la flottille positionnée en mer Caspienne avaient frappé des cibles de Daech. Le président russe Vladimir Poutine a d'ailleurs annoncé que les opérations russes sur le territoire syrien allaient s'intensifier.

"En Syrie, nous avons observé une escalade inquiétante des activités militaires russes. Nous allons analyser les derniers développements et leurs implications pour la sécurité de l'Alliance", a de son côté déclaré le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, jeudi, en arrivant à Bruxelles.

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