La tension ne retombe pas à Jérusalem : des centaines de blessés ce lundi, le Mur des lamentations évacué

Les forces de l'ordre israéliennes se déploient durant des heurts impliquant des manifestants palestiniens, dans la vieille ville de Jérusalem le 22 avril 2021.

VIOLENCES - Après un week-end de violences qui ont fait plus de 250 blessés, la vieille ville de Jerusalem est de nouveau le théâtre d'affrontement ce lundi. Le Mur des Lamentations a été évacué.

Jets de pierres, gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc. Après un week-end particulièrement tendu, ce lundi matin, des  heurts ont une nouvelle fois éclaté dans la vieille ville de Jerusalem. Des centaines, voire des milliers, de Palestiniens ont lancé des projectiles en direction des forces de l'ordre israéliennes positionnées à l'intérieur de l'esplanade des Mosquées, faisant plus de 300 blessés, essentiellement côté Palestinien. 

Le Croissant rouge palestinien a indiqué avoir recensé "des centaines de blessés dans les heurts", dont une cinquantaine ont dû être hospitalisés. De son côté, la police israélienne a affirmé dans un communiqué être à pied d'œuvre pour tenter de juguler les violences sur l'esplanade, mais aussi "dans d'autres secteurs de la Vieille Ville de Jérusalem".

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Violents heurts à Jerusalem : plus de 180 blessés ce week-end

Ces affrontements très violents - les plus graves depuis 2017 - surviennent dans un contexte déjà très tendu. Vendredi, lors de la dernière grande prière avant la fin du mois de ramadan, l'Esplanade des Mosquées avait déjà été le théâtre de heurts entre Palestiniens et police israélienne, faisant plus de 180 blessés.

Samedi et dimanche, des violences ont continué entre Palestiniens et policiers israéliens dans d'autres secteurs de Jérusalem-Est, faisant au total plus d'une centaine de Palestiniens blessés, selon le Croissant rouge palestinien.

Le Mur des Lamentations évacué

 La reprise des violences, ce lundi matin, coïncide avec "la Journée de Jérusalem", marquant selon le calendrier hébraïque la conquête de Jérusalem-Est par l'État hébreu. Souvent émaillée de heurts, la marche qui devait rassembler en soirée des milliers d'Israéliens dans la Vieille ville a été annulée. Dans la soirée de lundi, le Mur de Lamentations, situé au pied de l'Esplanade des mosquées, a été évacué pour des raisons de sécurité. Des sirènes d'alarme ont retenti dans la ville. 

Le mouvement islamiste armé Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, avait  auparavant menacé Israël si ses forces ne se retiraient pas lundi soir de  l'Esplanade des Mosquées, haut lieu de tensions entre Palestiniens et  Israéliens dans le coeur de la Vieille ville de Jérusalem. Le Hamas donne à Israël "jusqu'à 18h ce soir pour  retirer ses soldats" de l'Esplanade des Mosquées et du quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, a prévenu dans un bref communiqué le porte-parole de  la branche militaire du mouvement, en suggérant des frappes en cas de refus de  la part des autorités israéliennes.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des ballons incendiaires et des roquettes  avaient été lancés vers le sud du territoire israélien limitrophe de la bande  de Gaza, en appui aux manifestants à Jérusalem. Deux des sept roquettes ont été interceptées par le système anti-missiles  israélien et trois sont tombées dans des terrains vagues, selon l'armée. En  représailles, l'armée a tiré "contre des postes militaires" du Hamas à Gaza et  fermé le point de passage d'Erez avec Israël.

L'inquiétude de la communauté internationale

Face à cette escalade de violence, Le secrétaire général de l'ONU a exprimé sa "profonde préoccupation" et exhorté Israël à un "maximum de retenue". Les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan - quatre pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël ces derniers mois - ont fait état de leur "profonde inquiétude" appelant Israël au calme.

Premier allié d'Israël, les États-Unis ont appelé "responsables israéliens et palestiniens à agir pour mettre un terme à la violence", et exprimé leur inquiétude quant à "l'expulsion potentielle des familles palestiniennes." Samedi, l'Union européenne avait appelé Israël à agir de "toute urgence" pour une désescalade des tensions. "La violence et l'incitation sont inacceptables", explique dans un communiqué le porte-parole du chef de la diplomatie européenne. 

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Alors que les appels internationaux au calme se multiplient, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué la "fermeté" des forces de l'ordre pour garantir la "stabilité" à Jérusalem et a averti que l'État hébreu "continuera d'assurer la liberté de culte, mais n'autorisera pas des émeutes violentes", précisant qu'il ferait "respecter la loi et l'ordre, avec fermeté et responsabilité." L'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a, elle, dénoncé une "agression barbare" des forces israéliennes et le chef du mouvement islamiste palestinien à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a averti que la "résistance" palestinienne ne "restera pas les bras croisés."

 Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni en urgence, pour évoquer la situation.

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