La Belgique n'est "pas en état de signer le Ceta ", acte Charles Michel

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ULTIMATUM - Après que le président du parlement wallon a affirmé qu'il ne sera "pas possible de respecter l'ultimatum" de l'UE sur la signature du Ceta par la Belgique, le Premier ministre a confirmé un peu plus tard, bien malgré lui, que son pays devait se ranger à l'avis de sa région.

Le gouvernement canadien ne fera pas le déplacement. Au sortir d’une réunion rassemblant l’ensemble des entités politiques belges, dont le gouvernement wallon, le Premier ministre belge Charles Michel n’a pu qu’acter l’échec des discussions sur le Ceta, le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada. La Belgique n'est "pas en état de signer le Ceta", a-t-il ainsi déclaré. L’UE, au terme d’un mini psychodrame européen, avait fixé un ultimatum à l’Etat belge pour arrêter sa position sur ce traité économique.  


La Wallonie, le gouvernement bruxellois ainsi que la communauté linguistique dite "française", qui réclamaient du temps supplémentaire pour négocier, ont refusé de donner le feu vert à l’Etat fédéral, favorable au texte. Le "non" belge bloque donc la signature du traité dont les premiers travaux ont démarré il y  a sept ans. Après avoir été repoussé une première fois la signature, celle-ci devait intervenir ce jeudi, lors d’un sommet à Bruxelles. 

Pas de nouvelle date en vue

Le président du Conseil européen Donald Tusk a d’ores et déjà prévenu qu’en cas de refus de la Belgique, seul Etat membre à bloquer cet accord commercial, aucune autre date ne sera fixée, même si les négociations sur les points d’achoppement soulevés par la Wallonie devraient se poursuivre. 

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Plus tôt dans la journée, André Antoine président du parlement de la province francophone belge avait estimé impossible "de respecter l'ultimatum" lancé dimanche. Pourtant, la Commission européenne avait transmis dimanche de nouvelles propositions visant à répondre aux objections du gouvernement wallon. Au premier rang des motifs d'opposition figure notamment le mécanisme d’arbitrage des conflits commerciaux prévu par le traité. Mais Paul Magnette, le ministre-président de la Wallonie, a jugé ce nouveau texte "décevant" avant de critiquer l’ultimatum de M. Tusk, estimant qu’il n’est "pas compatible avec le processus démocratique".


Ces nouvelles propositions rejetées ont été transmises après l'échec des négociations entre la Wallonie et le Canada vendredi. Le président du Parlement européen, Martin Schulz, avait alors vainement tenté de recoller les morceaux samedi en recevant tour à tour la ministre canadienne du Commerce Chrystia Freeland, puis M. Magnette.

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