Lafarge en Syrie : la justice française annule les poursuites pour "complicité de crimes contre l'humanité"

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JUSTICE - La cour d’appel de Paris a annulé, ce jeudi, les poursuites pour "complicité de crimes contre l’humanité" contre le groupe français Lafarge, mais a maintenu la mise en examen de l’entreprise pour "financement du terrorisme", ont annoncé ses avocats.

La cour d'appel de Paris a annulé jeudi la mise en examen pour "complicité de crimes contre l'humanité" de Lafarge, accusé d'avoir financé des groupes terroristes en Syrie pour maintenir l'activité d'une de ses usines, a-t-on appris auprès des avocats et de source judiciaire. La Chambre de l'instruction de la Cour d'appel a en revanche maintenu les mises en examen du cimentier pour "financement du terrorisme", "violation d'un embargo" et "mise en danger de la vie" d'anciens salariés de son usine de Jalabiya.

"La chambre de l'instruction a fait le même constat que nous, à savoir qu'il n'existe pas d'éléments justifiant la mise en examen de Lafarge SA pour ce crime", se sont félicités les avocats du groupe cimentier, Christophe Ingrain et Rémi Lorrain. "La cour reconnait que Lafarge n'a jamais participé ni de près ni de loin à un crime contre l'humanité" et "corrigé une décision totalement infondée" des juges d'instruction des pôles financier et antiterroriste du tribunal de Paris, ont-ils ajouté. 

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Des réactions toujours aussi vives

La mise en examen pour "complicité de crimes contre l'humanité" du groupe français, qui a fusionné en 2015 avec le suisse Holcim, avait suscité de vives réactions dans le monde économique. Selon l'ONG Sherpa, il s'agissait d'une "première mondiale pour une entreprise". L'ONG avec d'autres associations se sont vues écartées du dossier par la même cour d'appel de Paris, qui a annulé fin octobre leurs constitutions de partie civile.

Outre Lafarge, trois dirigeants du groupe contestaient leur mise en examen : l'ancien PDG Bruno Lafont, l'ex-directeur Sûreté de l'entreprise Jean-Claude Veillard et l'un des ex-directeurs de la filiale syrienne, Frédéric Jolibois. Le cimentier français est soupçonné d’avoir financé des groupes djihadistes en Syrie – dont Daesh – afin de pouvoir maintenir l’activité d’une de ses usines, située à Jalabiya, dans le nord du pays, entre 2011 et 2015.

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