Lafarge prêt à vendre son ciment pour construire le mur de Trump, Hollande appelle le groupe à la prudence

Lafarge prêt à vendre son ciment pour construire le mur de Trump, Hollande appelle le groupe à la prudence

BUSINESS - Le groupe franco-suisse LafargeHolcim s'est dit prêt ce jeudi à vendre son ciment pour le très controversé mur anti-clandestins promis par Donald Trump. En ligne de mire : le colossal programme de travaux publics en préparation aux Etats-Unis. En fin de journée, François Hollande a appelé le groupe à "se montrer prudent avant de se porter candidat" à un tel projet.

Le mur de toutes les convoitises. A l'heure où Donald Trump peaufine son projet visant à protéger la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, les candidats pour y participer commencent à sortir du bois. Premier d'entre eux : Lafarge. Par la voix de son président, le groupe franco-suisse s'est dit prêt ce jeudi à vendre son ciment.

"Nous sommes le premier cimentier aux Etats-Unis (...). Nous sommes ici pour soutenir la construction et le développement du pays", a expliqué Eric Olsen, le patron du géant du ciment.

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Arrangements "inacceptables"

Une annonce qui n'a pas manqué de faire réagir le quai d'Orsay. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a appelé la multinationale née en 2015 de la fusion des cimentiers français Lafarge et suisse Holcim à "bien réfléchir" avant de s'engager dans un tel projet, "parce qu'il y a d'autres clients dans le monde qui vont regarder cela avec une certaine stupéfaction". "Je l'appelle à ses responsabilités. Je n'ai pas de pouvoir", a-t-il ajouté. C'est ensuite François Hollande qui est monté au créneau, en marge d'un Conseil européen à Bruxelles. Le chef de l'Etat a appelé le groupe à "se montrer prudent avant de se porter candidat" pour fournir le ciment de ce mur.

Mais malgré la controverse qui entoure le projet, Eric Olsen l'assure : "Nous sommes ici (aux Etats-Unis) pour servir nos clients et répondre à leurs besoins. Nous ne sommes pas une organisation politique". "Nous n'avons pas d'opinion politique", a-t-il appuyé, refusant par ailleurs de s'exprimer sur un autre dossier délicat : la présence du groupe en Syrie. LafargeHolcim a en effet admis début mars avoir eu recours à des arrangements "inacceptables" en 2013 et 2014 en Syrie pour maintenir en activité sa cimenterie de Jalabiya, jusqu'à sa saisie par l'Etat islamique. Concrètement, cela a abouti à financer des groupes armés. 

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Faisant fi des critiques, l'entreprise espère être un des grands gagnants du programme d'investissements de 1000 milliards de dollars promis par Donald Trump pour rénover les infrastructures américaines (ponts, tunnels, routes, aéroports). Ce plan, dont l'annonce est imminente, devrait inclure la construction du mur frontalier, croit savoir la presse américaine. "Il va y avoir une hausse importante des dépenses d'infrastructures", anticipe d'ores et déjà Eric Olsen, parlant des premiers effets sur les résultats de LafargeHolcim à partir de 2018. "Nous sommes bien placés pour tirer profit de ces investissements". 

Le groupe, qui a renoué avec les bénéfices en 2016 après des pertes l'année précédente, devrait annoncer dans les prochaines semaines aux Etats-Unis des créations d'emplois, un sujet cher à Donald Trump, élu sur la promesse de rapatrier les emplois industriels sur le sol américain. "Je ne peux pas donner de chiffre exact mais ce sera important", avance Eric Olsen.

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Pourquoi l’ONG Sherpa porte plainte contre Lafarge pour "financement du terrorisme" en Syrie

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