L'Afrique du Sud en proie à un regain de violences xénophobes

L'Afrique du Sud en proie à un regain de violences xénophobes
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EMEUTES - Depuis plus de quinze jours, l'Afrique du Sud connaît de très fortes violences envers les migrants africains. Elles ont causé la mort d'au moins six personnes. Samedi, le président Jacob Zuma a tenté de rassurer les immigrés en les invitant à rester en Afrique du sud.

Six morts – 15, selon une association –, 5.000 déplacés, des pillages, etc : c'est à ce jour le bilan de plus de deux semaines de violences xénophobes envers des migrants, dont des commerçants éthiopiens ou somaliens. Des heurts qui ont éclaté dans les banlieues pauvres de Durban et de Johannesbourg, en Afrique du Sud. Si le calme est provisoirement revenu depuis samedi, l'ONU et le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'inquiètent pourtant de cette flambée de haine envers les 2 millions d'étrangers qui résident sur le territoire de la nation arc-en-ciel.

Selon les explications du Monde, les inégalités exacerbées, la "xénophobie banalisée au sommet de l'Etat" ou l'héritage des violences entre Noirs, attisées par le pouvoir blanc sous l'apartheid, sont à l'origine de ce nouvel épisode d'émeutes. Goutte d'eau qui a fait déborder le vase : les propos du roi zoulou, Goodwill Zwelithini, fin mars, qui demandait aux "étrangers de faire leurs bagages et de retourner dans leurs pays", atteste de la permanence du sentiment anti-étrangers dans la société sud-africaine.

Jacob Zuma invite les immigrés à rester

Samedi 18 avril, le président sud-africain Jacob Zuma, qui a tardé à réagir, s'est rendu dans l'un des cinq camps hébergeant des immigrés chassés de chez eux à Durban, où il a reçu un accueil hostile. "Il ne peut y avoir de justification aux attaques contre les étrangers", a-t-il déclaré après avoir annulé sa visite d'Etat en Indonésie "pour s'occuper des affaires intérieures liées aux violences contre les étrangers".

"En tant que gouvernement, personne ne vous dit de partir. Ce ne sont pas tous les Sud-Africains qui disent que vous devez partir mais une très petite minorité", a-t-il poursuivi. "Même ceux qui veulent rentrer chez eux doivent savoir que quand nous aurons stoppé la violence, ils sont les bienvenus pour revenir". En 2008, rapporte l'AFP, les violences xénophobes, récurrentes dans la nation arc-en-ciel post-apartheid, avaient causé la mort de 62 personnes, dont une vingtaine de Sud-Africains pris dans les affrontements.

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