L'armée turque accusée de tirer à balles réelles sur les migrants syriens

L'armée turque accusée de tirer à balles réelles sur les migrants syriens
International

TURQUIE - L'ONG Human Rights Watch publie les résultats de son enquête sur les violences dont auraient été victimes des réfugiés syriens par des garde-frontières turcs entre mars et avril dernier. Selon l'organisation, au moins cinq personnes ont été tuées à la frontière avec la Syrie.

L'ONG Human Rights Watch réitère ses accusations à l'encontre de la Turquie. Un mois après avoir révélé que des garde-frontières turcs avaient tiré sur des civils syriens qui tentaient de fuir les combats dans leur pays à la frontière turco-syrienne, l'organisation de défense des droits de l'homme publie les conclusions de l' enquête menée en mars et avril sur ces cas.

Vidéo de témoignages à l'appui, HRW affirme que durant cette période, les gardes-frontières ont fait preuve de violence à l'encontre de réfugiés et de passeurs tuant cinq personnes, dont un enfant et en blessant grièvement 14 autres. Ces cas ont été rapportés par des victimes de violence, des témoins et des habitants syriens.

Promesse

La vidéo diffusée par l'ONG montre le corps d'un homme et d'une femme prétendument tués par des soldats turcs et se poursuit par des témoignages de réfugiés battus à la frontière turco-syrienne. "Au cours des derniers mois, la Turquie a durci sa politique à l’égard des Syriens cherchant à fuir leur pays (…) HRW appelle le gouvernement turc à tenir sa promesse d’adopter une politique de 'porte ouverte' à l’égard de Syriens qui tentent désespérément d’échapper à la violence dans leur pays", commente notamment l'organisation. Le 4 mai dernier, l'ONG indique avoir adressé une lettre au ministre de l'Intérieur turc, lui demandant notamment d'enquêter sur les faits présumés rapportés par HRW.

Le démenti d'Ankara

Sur la base des témoignages recueillis et en partie retranscris, l'organisation internationale a rapporté sept incidents entre la première semaine de mars et le 17 avril au cours desquels trois réfugiés, un homme, une femme et un garçon de 15 ans, ont été tués. Un passeur, selon HRW, aurait également été tué, battu à mort, tandis que huit refugiés, parmi lesquels trois enfants âgés de 3, 5 et 9 ans ont été sévèrement agressés. Six de ces dramatiques incidents ont été rapportés à proximité du point de passage de Khurbat al Juz-Güveççi, à 50 kilomètres au sud de la ville turque d'Antakya.

Mi-avril, Human RightsWatch avait dénoncé les violences de gardes-frontières turcs sur la base des investigations qu'elle avait engagées. Ankara avait alors démenti que ses gardes-frontières aient tiré sur des civils syriens au niveau de la frontière turco-syrienne. Le ministère turc des Affaires étrangères avait rappelé à cette occasion que le pays accueillait près de trois millions de réfugiés syriens contraints de fuir leur pays en proie à une guerre civile sanglante qui dure depuis plus de cinq ans.

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