Un iceberg de 1000 milliards de tonnes vient de se détacher de l'Antarctique, doit-on craindre le pire ?

DirectLCI
ENVIRONNEMENT - Le phénomène était attendu depuis plusieurs mois déjà. Un iceberg de 1000 milliards de tonnes, l'un des plus gros jamais vus, vient de se détacher de l'Antarctique. Quels impacts sur l'environnement aura ce morceau de glace grand comme le département de la Corrèze ? On a posé la question au glaciologue Jean Jouzel.

Il aura pour nom de code "A68". L'iceberg géant qui menaçait, depuis des mois, de se détacher de la plate-forme Larsen C dans l'Antarctique a fini par céder. La séparation s'est produite entre lundi et mercredi", précisent les scientifiques de l'Université de 

Swansea (Royaume-Uni), qui surveillaient l'évolution de ce gigantesque bloc de glace de 5.800 km2 (soit 55 fois la surface de Paris).  Son épaisseur serait de 350 mètres. 


Quant à son poids les chercheurs l'estiment à mille milliards de tonnes. De quoi remplir en eau 463 millions de piscines olympiques. Larsen C, quatrième plate-forme antarctique en importance (46.800 km2), perd ainsi en une seule fois 10 à 12 % de sa superficie. Quelles conséquences cela peut-il avoir sur notre environnement ? 


Pour le savoir, nous avons interrogé le climatologue et glaciologue Jean Jouzel.

LCI : Allons-nous assister à une subite montée du niveau de la mer ?

Jean Jouzel : Il s'agit de l'un des plus gros icebergs jamais recensés et il sera difficile de prévoir sa progression. Il pourrait rester en un seul morceau mais il y a de fortes chances qu'il finisse par se fragmenter, ce qui le ferait fondre plus rapidement. Pour autant, cela n'aura pas d'impact sur le niveau des océans car il flottait déjà sur l'eau. En revanche, cet iceberg faisait partie d'une gigantesque barrière de glace, nommée "Larsen C", qui, à l'ouest de l'Antarctique, retient des glaciers capables, eux, de faire gagner 10 cm aux mers du monde s'ils finissaient par se trouver à terme exposés à l'océan. Privée de cet énorme pan de glace, Larsen C est de fait fragilisée. Il faut donc rester prudent.

LCI : Ce phénomène est-il un signe supplémentaire du réchauffement climatique ?

Jean Jouzel : Je suis un scientifique prudent alors je préfère dire que la formation des icebergs est un processus naturel. Toutefois, on sait que le réchauffement de l'air, comme des océans, contribue à l'accélérer. Et l'Antarctique est une des régions du monde, avec le Pôle Nord, qui se réchauffent le plus rapidement.

LCI : Quel est le principal risque de voir un iceberg, de cette taille, dériver au beau milieu de l'océan ?

Jean Jouzel : C'est surtout problématique pour le transport maritime même si, dans cette zone, on reste éloigné des principales routes commerciales. Il y a tout de même de nombreux bateaux ravitailleurs pour les différentes stations de recherches scientifiques, et puis il y a quelques navires de croisière. Toutefois nous ne sommes plus à l'époque de Titanic. Les radars sont de plus en plus performants.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter