Laurent Fabius à Cuba, 30 ans après la dernière visite française

Laurent Fabius à Cuba, 30 ans après la dernière visite française

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DÉPLACEMENT - Pour la première fois depuis 31 ans, un chef de la diplomatie française va se rendre samedi à Cuba. L'occasion pour Laurent Fabius de préparer le terrain pour les investissements d'entreprises françaises.

Laurent Fabius est attendu à La Havane ce samedi. Il s'agit là d'un événement puisque cela faisait 31 ans qu'un ministre des Affaires étrangères n'avait pas foulé le sol cubain (Claude Cheysson en 1983). Au menu du chef de la diplomatie tricolore, pas de tourisme ou de dégustation de cigares, mais une rencontre avec son homologue cubain, Bruno Rodriguez Parrilla, qui lui avait lancé une invitation officielle lors de sa visite à Paris, le mois dernier.

Laurent Fabius va donc l'honorer, à l'heure où les relations entre Cuba et l'Union européenne se détendent. En attendant un accord de collaboration qui pourrait être conclu en 2015, Cuba a accepté début mars une proposition de dialogue de l'UE après dix ans de brouille liée à l'épineuse question des droits de l'homme au pays de Fidel Castro. Sensible, le sujet ne sera pas passé sous silence, ont promis des sources diplomatiques françaises. "Il y a une évolution dans la bonne direction", ont-elles précisé, citant la libération de prisonniers politiques et l'assouplissement des possibilités de voyager à l'étranger pour les Cubains.

Prisonniers politiques ou pas

La situation n'est pourtant pas glorieuse sur l'île caribéenne. Fin 2013, l'opposition au régime de Raul Castro, qui a succédé à son frère Fidel en 2006, recensait 87 prisonniers politiques . "Nous pensons que le gouvernement de Cuba n'a pas la moindre volonté d'engager des réformes, qui sont urgentes", a récemment estimé le dissident cubain Elizardo Sanchez, président d'une commission des droits de l'homme interdite à Cuba.

Un autre sujet devrait permettre à Laurent Fabius et à ses interlocuteurs de se décrisper : celui des relations bilatérales économiques entre les deux pays. Si les échanges commerciaux entre la France et Cuba sont modestes (280 millions d'euros annuels), Cuba s'ouvre progressivement aux investissements étrangers. Pour preuve, le Parlement cubain a adopté le 29 mars une loi dispensant les entreprises étrangères d’impôt sur les bénéfices pendant huit ans, à condition que les investissements soient réalisés dans une entreprise d'Etat ou dans une coopérative. Un petit pas vers le libéralisme, aux allures d'aubaine dont la France entend bien profiter. Prisonniers politiques ou pas.

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