Indignation internationale après l'interception d'un avion de ligne par la Biélorussie

Indignation internationale après l'interception d'un avion de ligne par la Biélorussie

DIPLOMATIE – La Biélorussie a intercepté, dimanche 23 mai, un avion de ligne dans lequel voyageait un opposant politique au régime. Bien que l’appareil ait été libéré, cette manœuvre a été dénoncée par l’Union européenne et les États-Unis.

L’opération a suscité la réaction outrée et unanime de nombreux pays. La Biélorussie a intercepté par chasseur un avion de ligne de la compagnie RyanAir qui circulait entre Athènes et Vilnius, en Lituanie. À son bord, Roman Protassevitch, un militant politique et ancien rédacteur en chef du média d’opposition Nexta. Il a été interpelé dès l’atterrissage de l’appareil à l’aéroport de Minsk, la capitale de la Biélorussie.

Selon l'actuel rédacteur en chef de Nexta, Tadeusz Giczan, des agents du KGB, les services de sécurité biélorusses hérités de la période soviétique, étaient à bord de l’engin. "Quand l'avion est entré dans l'espace aérien biélorusse, les officiers du KGB ont déclenché une bagarre avec le personnel de Ryanair", a-t-il assuré. Les agents auraient affirmé qu’une bombe était présente pour forcer un atterrissage à Minsk : une alerte "erronée" après une fouille du Boeing, selon l’aéroport de Minsk. Un conseiller de la principale figure d'opposition biélorusse en exil, Svetlana Tikhanovskaïa, raconte la scène (à dérouler).

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Biélorussie : l'arrestation spectaculaire de l'opposant Roman Protassevitch

Colère unanime des dirigeants européens

Cette manœuvre a provoqué la colère de nombre de dirigeants européens qui avaient appelé le pays à permettre à "tous ses passagers" de poursuivre leur voyage. L’avion a finalement pu redécoller en direction de Vilnius en fin d’après-midi, sans que le sort de Roman Protassevitch ne soit précisé. Considéré comme "impliqués dans des activités terroristes" par le KGB, il était réfugié politique en Lituanie et risque désormais la peine de mort.

"Je condamne dans les termes les plus forts l'arrestation de Roman Protassevitch par les autorités biélorusses, a fermement réagi le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki. Ceci est un acte de terrorisme d'État criminel". Le Royaume-Uni a de son côté menacé le président biélorusse Alexandre Loukachenko qu'il s'exposait à de "graves conséquences". Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a appelé à une "réponse ferme et unie des Européens".

La France assure en outre ce lundi travailler avec ses partenaires européens sur "un paquet de mesures, au-delà de simples sanctions individuelles", selon une source diplomatique. Parmi elles : la suspension des survols du territoire biélorusse par les compagnies aériennes, l'interdiction d’atterrissage de Belavia, la compagnie nationale biélorusse, dans les aéroports européens, la suspension des transits biélorusses - y compris terrestres - vers l’UE. "Nous expertisons et n’excluons aucune piste."

Sanctions contre la Biélorussie : un sommet des 27 prévu dès lundi

Les institutions de l’Union européenne ne sont d’ailleurs pas restées muettes dans cette affaire. "C'est totalement inadmissible. Nous tenons le gouvernement de la Biélorussie pour responsable de la sécurité de tous les passagers et de l'appareil", a réagi sur Twitter le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell. "Il faudra assumer toutes les conséquences de violations des règles internationales du transport aérien", a de son côté exhorté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Même le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a dénoncé "un incident sérieux et dangereux" et réclamé "une enquête internationale".

Un sommet des chefs d'État et de gouvernement des 27 est prévu lundi 24 mai et mardi et cette affaire devrait y être évoquée. Car Josep Borrell avait déjà annoncé, le 10 mai dernier, que l'UE préparait de nouvelles sanctions contre la Biélorussie. Le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, et d’autres membres de son régime sont visés par une interdiction de voyager dans l'UE et par un gel de leurs avoirs. En cause, leur implication dans la répression brutale de la contestation de la présidentielle du 9 août 2020, jugée "truquée" par l’UE et lors de laquelle Alexandre Loukachenko a été réélu.

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De leur côté, les États-Unis ont exigé la "libération immédiate" de Roman Protassevitch, précisant par le biais du chef de la diplomatie, Antony Blinken, qu'ils "condamnent fermement" l'interception de l'appareil. "Cet acte choquant perpétré par le régime Loukachenko a mis en danger la vie de plus de 120 passagers, y compris des citoyens américains", a ajouté le secrétaire d'État dans un communiqué, qui se joint aux appels à mener une "enquête approfondie" sur le déroulé des événements. 

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