Le Brexit, c'est parti : quatre questions sur un divorce (qui s'annonce long, long, long)

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UNION EUROPÉENNE - Le Brexit a été officiellement déclenché ce mercredi 29 mars, au Parlement britannique. Le coup d'envoi d'un bras de fer entre Theresa May et les Européens, à l'issue toujours incertaine.

Le divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne devient une réalité. La Première ministre Theresa May a activé ce mercredi 29 mars 2017 l'article 50 du traité de Lisbonne, ouvrant la voie à deux années de négociations. Objectif : mettre un terme à quarante ans de relation. Un chantier parsemé d'embûches, entre un calendrier complexe et des points de crispation entre les deux parties.

Combien de temps va-t-il falloir attendre avant la sortie officielle ?

A partir du mercredi 29 mars, Londres et l'UE disposeront de deux années pour boucler les négociations de sortie. A noter que les discussions ne commenceront sans doute pas avant deux mois, le temps que la Commission européenne mette au point son plan détaillé de négociations. Un plan qui va être piloté par "Monsieur UE pour le Brexit", le Français Michel Barnier. Celui-ci a d'ailleurs avancé une date, puisqu'il veut trouver un accord avant octobre 2018. En clair : cela ne laisse pas plus de quinze ou seize mois de discussion…


Les tractations devrait malgré tout s'étendre sur plusieurs années. Et pour cause : l'article 50 porte uniquement sur le divorce entre le Royaume-Uni et l'UE. Leurs relations futures, notamment commerciales mais aussi en matière judiciaire, devront en effet faire l'objet d'autres négociations. D'où l'idée d'un accord de transition qui permettrait d'éviter une sortie trop abrupte du giron européen, en particulier pour les entreprises, en attendant l'accord définitif.

Pourquoi les négociations vont être tendues ?

Les Européens ne cachent guère leur objectif principal : présenter à Londres l'addition de la sortie du "club". Une douloureuse qui mérite bien son nom, son montant étant estimé entre 40 et 60 milliards d'euros. Une somme colossale mais qui ne doit rien au hasard, puisqu'elle représente les engagements pris par Londres dans le cadre du budget européen courant jusqu'en 2020, ou encore le paiement des retraites.


Reste à savoir si Londres va mettre la main au portefeuille…Un récent rapport des Lords stipule en effet que le pays n'est pas légalement obligé de régler la facture une fois sorti du club. Et ce, surtout en l'absence d'un accord commercial. Encore faut il que le Royaume-Uni ose agir de la sorte, tant cette décision serait interprétée comme une déclaration de "guerre" contre l'UE.

Que souhaite Theresa May ?

La Première ministre assume sa position : mi-janvier, elle a assuré sa volonté d'une rupture "claire et nette", carrément un Brexit "dur". Ainsi,  pour reprendre le contrôle de l'immigration, le Royaume-Uni veut sortir du marché unique mais aussi de la Cour de justice de l'Union européenne. "Le Royaume-Uni est un pays ouvert et tolérant mais le message du peuple a été très clair : le Brexit doit permettre de contrôler le nombre d'Européens qui viennent au Royaume-Uni, et c'est ce que nous allons faire", a-t-elle par exemple affirmé.

Que va VRAIMENT obtenir Theresa May ?

Si Theresa May joue la carte de la fermeté avec un Brexit "dur", la réalité pourrait être toute autre. Elle ambitionne en effet de garder "l'accès le plus large possible" au marché unique, grâce à un "nouvel accord de libre-échange large, audacieux et ambitieux". Reste à convaincre ses anciens partenaires européens…

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Autre paramètre à prendre en compte : les droits des Britanniques qui vivent dans des pays de l'UE. Theresa May va-t-elle réussir à les conserver ? En l'occurrence, le sort des citoyens européens déjà présents au Royaume-Uni pourrait servir de "monnaie d'échange."

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