Le burkini, ce vêtement controversé qui a vu le jour sur les plages australiennes

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FLASHBACK - Une Australienne d'origine libanaise de 48 ans explique qu'elle a dessiné il y a plus de 10 ans à Sydney ce costume de bain, aujourd’hui source de polémique en France. L'idée lui est venue en regardant sa nièce jouer au netball. Mais également lorsque des émeutes ont opposé des jeunes originaires du Moyen-Orient et des Australiens.

Comme un air de déjà-vu. A l’heure où la classe politique française s’écharpe sur la question du burkini, à la suite des incidents de Sisco (Corse), son port semble nettement moins polémique en Australie. C’est même là que, il y a plus de dix ans, cette tenue a été conçue pour permettre à des musulmanes pratiquantes de profiter de la plage. Le burkini trouve son origine sur le sable australien.

Aheda Zanetti, une Australienne d’origine libanaise de 48 ans, a expliqué à l’AFP avoir dessiné il y a plus de 10 ans ce costume de bain. L'idée lui est venue en regardant sa nièce jouer au netball, précise celle qui voulait que personne "ne soit plus privé d'activités sportives du fait des restrictions imposées par la pudeur". Mais surtout, l'apparition du burkini a été concomitante avec de graves émeutes qui avaient éclaté sur la plage de Cronulla, à Sydney. Face à face ce jour-là : des jeunes originaires du Moyen-Orient et des Australiens venus "reprendre possession" du rivage.

"Un type de tenue pour une activité spécifique"

Ces violences avaient profondément choqué en Australie, ce qui avait amené l'association de sauveteurs Surf Life Saving Australia (SLSA) à diversifier son recrutement, et à engager notamment des musulmans. Aheda Zanetti avait alors reçu une commande pour des burkinis jaunes et rouges, les couleurs emblématiques de la SLSA.

Aheda Zanetti a ouvert peu après son premier magasin à Sydney en 2005. Depuis, cette mère de trois enfants a écoulé plus de 700.000 burkinis et fournit des grossistes jusqu'en Suisse, en Grande-Bretagne, à Bahreïn ou en Afrique du Sud. Celle qui a déposé les marques "burkini" et burqini" (contraction de burqa et bikini), se désole de la connotation négative associée à ces produits en France : "Un vêtement est là pour satisfaire un type de besoin spécifique. Un burkini est un type de tenue pour une activité spécifique. Et, si ça peut aider, on porte toujours un bikini en dessous."

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