Le champion du Brexit Boris Johnson devient le nouveau Premier ministre britannique, Trump et Macron le félicitent

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Brexit : goodbye United Kingdom

SCRUTIN - Les conservateurs britanniques ont voté pour leur prochain chef du gouvernement : c'est donc Boris Johnson, donné favori, qui va succéder à Theresa May.

Sans surprise, le champion du Brexit Boris Johnson a très largement remporté la course pour devenir le nouveau Premier ministre britannique face au ministre des Affaires étrangères, selon les résultats annoncés mardi par le Parti conservateur. L'ex-maire de Londres et ex-chef de la diplomatie britannique a obtenu 92.153 des voix des quelque 159.000 votes des membres du parti qui étaient appelés à les départager, contre 46.656 voix pour Jérémy Hunt. Il devient donc chef des Tories et obtiendra les clés de Downing Street mercredi après-midi après une visite à la reine Elizabeth II. 

Des ministres menacent de démissionner

La mission qui incombe au nouveau chef du gouvernement n’est pas simple. Trois ans après le référendum du 23 juin 2016, il faudra réussir là où Theresa May a échoué en mettant en oeuvre la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Une tâche d’autant plus ardue dans un pays toujours divisé sur la question. Pas plus tard que samedi, des dizaines de milliers de personnes se sont ainsi réunies dans la capitale pour dire "Oui à l'Europe" et "Non à Boris". Une rupture qui ne devrait pas aller en s’arrangeant. 


Bête politique, connue pour ses frasques et pour avoir fait une campagne Pro-Brexit avec un bus affichant que le Royaume-Uni "envoie 350 millions de livres sterling à l’UE" - un chiffre mensonger -, Boris Johnson vante sa détermination pour une sortie du club aux douze étoiles. "Là où il y a de la volonté, il y a une solution", répète-t-il à longueur d’interviews. Et fait savoir qu’il est prêt à tout pour conclure le Brexit avant le 31 octobre, quitte à le faire sans accord. 

Une position qui a déjà fait des mécontents. Dimanche, le ministre des Finances, Philip Hammond, déclarait à la BBC qu'il démissionnerait en cas de victoire de Boris Johnson car "servir dans son gouvernement incluraient l'acceptation d'une sortie sans accord", ce à quoi il se dit incapable d’adhérer. Initiative reprise par David Gauke, le ministre de la Justice, qui a annoncé dans le Sunday Times qu’il ferait lui aussi ses valises si "BoJo" accède au pouvoir, estimant que son pays est sur le point de se faire "humilier". Deux déclarations qui illustrent les tensions que risque de rencontrer le futur locataire du 10 Downing Street.


En attendant, sur la scène internationale, l'heure est aux félicitations. Emmanuel Macron s'est ainsi déclaré mardi "très désireux de travailler" avec le prochain Premier ministre britannique. "Il sera formidable !" a de son côté tweeté Donald Trump, qui estimait encore la semaine dernière que l'ancien maire de Londres ferait un "excellent travail" au 10, Downing Street. 

Les félicitations, du côté de l'Iran, ont été plus tendues. Si le ministre des Affaires étrangères Mohamad Javad Zarif a félicité Boris Johnson, il l'a aussi prévenu que l'Iran comptait protéger le Golfe. "Nous avons 1.500 miles [soit plus de 2.400 km] de côte sur le golfe Persique. Ce sont nos eaux et nous les protégerons", a-t-il indiqué dans un tweet, alors que les deux pays connaissent une crise en raison de la saisie réciproque de pétroliers. "L'Iran ne cherche pas l'affrontement" mais la décision du gouvernement May de saisir le pétrolier iranien Grace One au large de Gibraltar "sur ordre [des Etats-Unis] est de la piraterie, pure et simple", poursuit le chef de la diplomatie iranienne. "Il est vraiment, vraiment préférable que le Royaume-Uni ne se mêle pas de mettre en oeuvre les complots" ourdis, selon Mohamad Javad Zarif, à Washington, en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis ou en Israël contre l'Iran.

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