Le décret de Trump contre l'immigration consterne la communauté internationale, l'Iran réplique

IMMIGRATION - La décision du président Donald Trump d'interdire l'entrée des ressortissants de sept pays musulmans aux Etats-Unis suscite une consternation mondiale.

"Ce n’est pas une interdiction contre les musulmans mais cela concerne des pays qui ont beaucoup de terrorisme". Voilà comment Donald Trump expliquait à la chaine ABC la mesure qu'il s’apprête à mettre en place aux frontières des Etats-Unis. La Maison Blanche a publié ce vendredi un décret intitulé "Protéger la nation contre l'entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis".


En vertu du décret et de ses annexes, les autorités américaines vont interdire pendant trois mois l'arrivée de ressortissants de sept pays musulmans : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. A l'exception de leurs ressortissants détenteurs de visas diplomatiques et officiels et qui travaillent pour des institutions internationales.

On n'est plus à une époque où on construit des murs entre les nations.Hassan Rohani

Face à cette annonce qui promet un sérieux tour de vis en matière d'immigration et d'accueil réfugiés, les réactions ne se sont pas fait attendre. "L'accueil des réfugiés qui fuient la guerre, ça fait partie de nos devoirs. Nous devons nous organiser pour faire en sorte que ça se passe de façon équitable, juste, solidaire", a déclaré Jean-Marc Ayrault, évoquant l'Europe en première ligne face à l'afflux de réfugiés syriens. Son homologue allemand, Sigmar Gabriel, juge que "cette décision ne peut que nous inquiéter".

L'Iran va appliquer la réciprocité

Autre réaction en Iran, où le président Hassan Rohani, dont le pays est visé par ces nouvelles mesures, et dont certains ressortissants ont été empêchés d'embarquer dans un avion à destination des Etats-Unis ce samedi, s'est lui aussi montré critique, jugeant que l'époque de la construction de murs entre les pays était "révolue". "Aujourd'hui, on n'est plus à une époque où on construit des murs entre les nations. Ils (les dirigeants américains) ont oublié qu'il y a quelques années le mur de Berlin s'est effondré", a lancé Hassan Rohani lors d'un discours. 


Dans l'après-midi, le pays a décidé d'appliquer la réciprocité "après la décision insultante concernant les ressortissants iraniens et tant que cette mesure n'aura pas été levée". 

J'ai le cœur brisé de voir l'Amérique tourner le dos à son fier passé d'accueil de réfugiés et de migrants.Malala Yousafzai

La jeune Pakistanaise Malala Yousafzai, Prix Nobel de la paix 2014, a déclaré avoir "le cœur brisé" par la signature du décret limitant l’accueil des réfugiés aux Etats-Unis. "J'ai le cœur brisé de voir des enfants réfugiés syriens, qui souffrent depuis six ans d'une guerre dont ils ne sont pas responsables, cibles de discrimination". 

Inquiétude du côté de l'ONU

Manifestement inquiets, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) ont appelé les Etats-Unis à poursuivre leur tradition d'accueil des réfugiés. "Les places de réinsertion offertes par chaque pays sont vitales. L'OIM et le HCR espèrent que les Etats-Unis vont continuer à jouer leur rôle important de leader et poursuivre leur longue tradition de protection de ceux qui fuient les conflits et les persécutions", indique leur déclaration. 


"Les réfugiés doivent recevoir un traitement équitable [...] et des opportunités de réinsertion, quelles que soient leur religion, leur nationalité ou leur race", précisent les deux organisations internationales. 

Prague se félicite de la mesure

Pour l'heure, seul le président tchèque Milos Zeman semble se réjouir de cette mesure. Le chef d'Etat s'est félicité ce samedi de la nouvelle approche américaine de forte restriction de l'immigration conduite par Donald Trump, jugeant que ce dernier ne faisait qu'assurer la sécurité de ses concitoyens.


Milos Zeman, qui avait apporté son soutien à Donald Trump lors de sa campagne présidentielle, critique depuis longtemps l'immigration en provenance de pays à forte population musulmane. Dans le passé, il avait qualifié la vague de réfugiés en Europe d'"invasion organisée" et jugé les musulmans "impossible à intégrer".

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