Le fait divers du jour : la patronne des pompes funèbres détournait l'argent des funérailles

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ARNAQUE - Une directrice de pompes funèbres était jugée ce mercredi pour avoir arnaqué l'argent que ses clients destinaient à des organismes caritatifs. Au bord du dépôt de bilan, elle plaidait s'en être servie pour renflouer ses caisses.

"A qui peut-on faire confiance si on ne peut pas croire un directeur des pompes funèbres ?" Cette question tiraille Diana Pople depuis qu'elle a découvert qu'Alison Pople, sa cousine éloignée, directrice de pompes funèbres, avait détourné les dons faits par ses clients à des organisations caritatives ou à d'autres établissements d'utilité publique.

Jusqu'à 14.000 livres détournées

Au total, cette quinquagénaire, installée à Cheddar, dans le comté du Somerset, au sud-ouest de l'Angleterre, aurait agi au cours de 46 enterrements, entre 2011 et 2014. Les dons faits par ses clients, qui transitaient par son office, étaient par exemple destinés à l'association Help for Heroes , l'organisme en charge du soutien aux vétérans de guerre, ou la NSPCC , une association de lutte contre les abus faits aux enfants.

L'astuce était simple. En tant qu'organisatrice de funérailles, Alison Pople proposait à ses clients et à ceux qui assistaient à la cérémonie de récolter l'argent qu'ils souhaitaient destiner à ses oeuvres. Au lieu de les transmettre, elle les gardait pour elle. L'ensemble des détournements, rapportent les médias britanniques , a atteint près de 9000 livres. Mais il pourrait, selon des enquêteurs interrogés par la BBC , avoir dépassé les 14.000 livres.

Une directrice en détresse

Pour justifier ses actes, la directrice a fait valoir les difficultés que traversait son entreprise. Au cours du procès, qui s'est déroulé ce jeudi, son avocat a expliqué qu'elle avait opté pour ce moyen afin de renflouer ses caisses. "Elle a largement surestimé ses compétences financières. Elle n'a pas pris l'argent pour elle, mais pour garder son affaire à flots", rapporte le Telegraph .

Pas de quoi émouvoir le tribunal ni les plaignants. En effet, l'enquête a permis de découvrir que Pople avait pour habitude de fausser des lettres de remerciements au nom des œuvres caritatives qui devaient avoir touché l'argent, et les envoyer aux généreux donateurs afin d'éviter tout soupçon.

"Je n'ai aucun doute sur le fait que vous étiez sous pression et stressée à l'époque, ni sur le fait que vous souffriez de dépression clinique", lui a dit le juge David Ticehurst. "Mais cela n'explique pas l'attention avec laquelle vous avez écrit ces lettres afin de cacher vos méfaits. [...] L'impact d'un tel délit dans une communauté de cette taille (Cheddar, ndlr) est bien plus grand que dans une grande ville : cela a des effets sur toute la population."

"Nous lui faisions confiance"

La population abusée, elle, ne revenait pas de ce qu'elle entendait : "C'est incroyable. C'est diabolique, raconte Pauline Redman, dont la mort du frère et de la belle-soeur l'a conduite à faire un don à un centre hospitalier et à une organisation caritative. Nous lui faisions confiance, et ce n'est qu'au bout d'un certain temps que nous avons compris ce qu'elle a fait."

Alison Pople a été condamnée à rembourser les organismes qu'elle a spoliés et à quinze mois de prison. Elle ne pourra pas pratiquer sa profession pendant deux ans. Sa cousine Diane, dont le mari Burt est mort d'un cancer du poumon, résume : "C'est une personne adorable, on s'est toujours bien entendues. Je ne comprends pas pourquoi elle a voulu faire quelque chose comme ça."

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