"Le feu et la colère" : Trump très critiqué après ses menaces contre la Corée du Nord

CONFIANCE - Donald Trump est un habitué des sorties fracassantes et n'en est pas à son premier "bad buzz". Le dernier en date : la menace à peine voilée d'une guerre nucléaire contre la Corée du Nord. Des propos qui lui ont valu de nombreuses critiques sur le territoire américain.

La tension est encore montée d'un cran entre Pyongyang et Washington. Donald Trump a menacé la Corée du Nord de mener une action "comme le monde n'en a jamais vue", promettant "le feu et la colère". Une mise en garde que n'a guère apprécié le régime communiste qui se dit prêt, de son côté, à attaquer la base militaire de l'île de Guam,  dans l'océan Pacifique. Œil pour œil.

 

Mais face à cette escalade, pour le moment verbale, les Américains ne sont pas vraiment très à l'aise. De nombreux hommes politiques sont montés au créneau pour protester contre ce qu'ils considèrent être un combat de coqs, et ce jusqu'au sein même de la majorité. 

Les lignes rouges présidentielles qui restent lettre morte créent des précédents dangereuxAnders Fogh Rasmussen, ancien secrétaire général de l'OTAN

Le sénateur républicain et ex-candidat à la présidentiel John McCain a ainsi rapidement fait part de ses doutes quant à l'attitude du président américain. Il a notamment souligné que "les grands dirigeants" ne menaçaient leurs ennemis que lorsqu'ils étaient prêts à passer à l'action. "Et je ne suis pas sûr que le président Trump soit prêt à agir", a-t-il taclé au micro de la radio KTAR, assurant que ces déclarations controversées étaient "typiques" du président américain. "Je ne sais pas ce qu'il veut dire et cela fait longtemps que j'ai arrêté de tenter d'interpréter ses propos", a-t-il ajouté. 


Il faut dire que ce vétéran de guerre n'en rate pas une pour titiller dès qu'il le peut son "ennemi" préféré. Mais ses propos font écho (entre autres) aux protestations d'Anders Fogh Rasmussen, l'ancien secrétaire général de l'OTAN. Donald Trump voulait "faire peur à Pékin comme à Pyongyang", analyse-t-il. "Mais les lignes rouges présidentielles qui restent lettre morte créent des précédents dangereux", a-t-il averti.

Il manque de tempérament et de jugement pour mener une crise sérieuseBen Cardin, sénateur démocrate

Côté démocrate, évidemment, les critiques se font encore plus vives. Eliot Engel, membre de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, a regretté la "ligne rouge absurde" tracée par M. Trump, relativisant la menace nord-coréenne. Et il va même plus loin : selon lui, son comportement entache sérieusement la crédibilité des Etats-Unis.


La sénatrice Dianne Feinstein estime également que "le président Trump n'aide pas à faire évoluer la situation avec ses commentaires grandiloquents". Et le sénateur Ben Cardin d'enfoncer le clou : il "montre une fois encore qu'il manque de tempérament et de jugement pour mener une crise sérieuse". "Nous ne devrions pas nous lancer dans les mêmes provocations et fanfaronnades que la Corée du Nord à propos de guerre nucléaire", a-t-il regretté. Tous en appellent à une résolution diplomatique.

Et les hommes politiques ne sont pas les seuls à douter du président américain. Selon un sondage réalisé par CBS, seuls 26% des personnes interrogées se disent "confiants" dans le fait "que la situation va être réglée sans conflits". Pas très rassurant. Surtout, ils ne sont que 35% à penser que Donald Trump a la "capacité" de "gérer la situation avec le programme nucléaire nord-coréen". Un manque de confiance assez marqué.

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