Général iranien tué dans un raid : "Trump ne s'est peut-être pas rendu compte qu'il touchait à un symbole"

Général iranien tué dans un raid : "Trump ne s'est peut-être pas rendu compte qu'il touchait à un symbole"

USA-IRAN - Un raid américain mené jeudi à l'aéroport de Bagdad a tué le général iranien Qassem Soleimani, influent émissaire de Téhéran pour les affaires irakiennes. Patricia Allémonière, grand reporter à TF1, apporte son éclairage sur cette figure historique du régime iranien et les conséquences de sa mort.

Qassem Soleimani, puissant général iranien et émissaire de Téhéran pour les affaires irakiennes, a trouvé la mort jeudi soir avec un autre leader pro-iranien dans un raid américain ciblé sur l'aéroport de Bagdad visant, selon le Pentagone, à "protéger le personnel américain" contre les attaques menées par les forces soutenant l'Iran. Une conséquence directe de l'attaque de l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad, en début de semaine, à l'initiative du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires pro-Iran. 

La mort du général Soleimani, l'un des hommes les plus influents de la région, est une déflagration pour l'Iran, qui a annoncé son intention de se venger. Patricia Allémonière, grand reporter à TF1, livre son éclairage sur les conséquences de l'opération américaine. 

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Que représentait Qassem Soleimani pour le régime iranien ?

Le général Soleimani était l’homme essentiel pour toutes les affaires internationales de Iran, l'homme de la diplomatie iranienne. Il est l’homme de la guerre Iran-Irak (1980-1988), un conflit qui a fait 800.000, voire 1 million de morts. Il a toujours incarné le sentiment de revanche très fort des Iraniens après cette défaite jamais acceptée. Tout ce que lui, ainsi que les Gardiens de la révolution, ont entrepris jusqu’ici, est perçu comme une revanche contre les pays qui ont soutenu l’Irak dans cette guerre. 

C’est également Soleimani qui a mis en place les milices chiites en Irak et en Afghanistan, qui a apporté le soutien au régime de Bachar al-Assad en Syrie et qui a négocié avec la Russie de Vladimir Poutine. Il est celui qui a accompagné un changement complet dans la diplomatie iranienne en envoyant des forces intervenir à l’extérieur du pays. C’est lui qui est derrière l’attaque des puits de pétrole d’Arabie saoudite. Il est celui qui a proposé au guide suprême la montée des tensions, notamment en Arabie saoudite. 

L'attaque de l'ambassade était le point de non-retour- Patricia Allémonière

Pourquoi les Etats-Unis ont-ils pris une décision comportant de tels risques ?

Le président américain Donald Trump avait jusqu’ici tout accepté [les multiples attaques contre des intérêts américains en Irak, NDLR] et il voulait éviter tout risque de guerre avant les élections américaines. En permettant l’attaque de l’ambassade américaine à Bagdad, je pense que Qassem Soleimani n’avait pas mesuré à quel point il touchait un symbole. C’était le point de non-retour. Et en faisant tuer Soleimani, Trump ne s’est peut-être pas rendu compte, lui non plus, qu’il touchait à un symbole. Le raid qui a tué Soleimani était bien sûr préparé. Les Américains le suivaient depuis longtemps. Sous la présidence de Barack Obama, il y avait déjà eu une proposition israélienne visant à le tuer, mais les Etats-Unis avaient refusé à l’époque. C’est l’attaque de l’ambassade américaine qui a déclenché l’opération. 

Quelles conséquences peut-on craindre de l'escalade en cours entre les Etats-Unis et l'Iran ?

On plonge dans l’inconnu. Jusqu’ici, les cibles visées [par les forces pro-iraniennes, NDLR] ne touchaient pas directement les Etats-Unis. Cette fois, les Iraniens vont répondre, c’est une certitude, mais on ne sait pas sous quelle forme. Cela représente des risques pour les personnels américains présents à Bagdad, mais aussi pour d’autres ressortissants, y compris français. Rappelons que l’ambassade de France ne se situe pas dans la "zone verte" protégée de Bagdad, à la différence de celle des Etats-Unis. 

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