Le jour où Barack Obama a fait volte-face après avoir été au bord de frapper la Syrie

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Frappes américaines en Syrie

FLASHBACK – Le 21 août 2013, au moins 100 personnes sont tuées dans des bombardements de l’armée syrienne dans la région de Damas. Les Etats-Unis ont rapidement "très peu de doutes" sur l’utilisation d’armes chimiques. Le président américain décide alors de lancer des frappes, avant de subitement changer d’avis dix jours plus tard. LCI revient sur cet épisode alors que, à l'inverse, Donald Trump vient de réagir promptement à la nouvelle attaque chimique imputée au régime de Bachar Al-Assad.

C’était la "ligne rouge" à ne pas franchir. Barack Obama l’avait établie en 2012 en parlant d’attaques chimiques par le régime de Bachar al-Assad. Quelques mois plus tard, une centaine de personnes trouvaient la mort dans la région de Damas, tuées dans des bombardements de l’armée syrienne. Les Etats-Unis ont rapidement "très peu de doutes" sur l’utilisation d’armes chimiques. Le massacre dans la Ghouta du 21 août 2013 vient bousculer la gestion internationale du conflit en Syrie.

Après dix jours de réflexion, Barack Obama choisit d’agir. "J’ai décidé que les Etats-Unis devraient agir militairement contre des cibles du régime syrien", le pays est "prêt à frapper quand nous le choisirons", déclare-t-il lors d’une intervention solennelle depuis la Maison-Blanche le 31 août 2013. Mais cette première décision est suivie d’une "seconde". Il demande alors au Congrès de soutenir une telle opération au nom de la "sécurité nationale" du territoire américain, écartant ainsi à la surprise générale une action militaire à court terme.

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Ce que je peux dire, c’est qu’on n’a pas frappé… et il y a Daech- François Hollande en 2015

Une frappe ciblée – comme celle opérée jeudi soir par les Etats-Unis de Donald Trump – semblait pourtant imminente, en collaboration avec la France. En témoigne un document "confidentiel défense" qui se trouvait encore sur le bureau de François Hollande la veille et qui contenait les détails de l’opération. Car les frappes françaises devaient se tenir précisément dans la nuit du 31 août au 1er septembre, quelques heures après l'intervention de Barack Obama. Ce document, les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme l’ont consulté lors d'une visite à l'Elysée. Ils se trouvaient dans le bureau du président le 30 août 2013, à la veille du volte-face de Barack Obama.

Dans un article publié en août 2016, les journalistes racontent les moments qui ont précédé le coup de fil entre les deux présidents. "Si l’on n’inflige rien pour un acte comme celui-là, on ne fera plus rien après", commente alors le chef de l’Etat français quelques minutes avant que Barack Obama ne lui annonce sa décision de ne pas frapper sans l’aval du Congrès. Une décision que François Hollande avouera regretter, deux ans plus tard. Il parlera même de "frustration" dans le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Un président ne devrait pas dire ça : "Je ne sais pas ce que cela aurait donné, si on avait frappé. Peut-être qu’on se reverrait et que vous me diriez : 'Vous avez frappé mais il y a Daech qui est là, c’est de votre faute.' Ce que je peux dire, c’est qu’on n’a pas frappé… et il  y a Daech".

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