Un journaliste algérien meurt en détention

Un journaliste algérien meurt en détention

LIBERTÉ DE LA PRESSE - Alors qu'il croupissait en prison pour avoir insulté le président Abdelaziz Bouteflika, un journaliste algérien est décédé le 11 décembre. Un fait divers symbolique, alors que RSF révèle que le nombre de journalistes détenus dans le monde a augmenté de 6% en 2016.

Mohamed Tamalt, un journaliste algérien de 42 ans, est décédé dimanche 11 décembre à l’hôpital de Bab El-Oued à Alger. Il avait été condamné en juillet dernier à deux ans de prison ferme pour "offense au président de la République", à travers des contenus sur sa page Facebook, dont un poème contenant des vers insultant Abdelaziz Bouteflika.

Hospitalisé depuis le mois d'août, il serait décédé, selon l'administration pénitentiaire, des suites d'"une infection pulmonaire". Cette dernière aurait été découverte dix jours plus tôt par les médecins. Son avocat explique sur Facebook qu'il était dans le coma depuis trois mois. Dès son arrestation, le 27 juin dernier, il avait entamé une grève de la faim, selon l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW).

Plus de journalistes emprisonnés...

Amnesty International et Reporters sans frontières (RSF), qui avaient par le passé demandé sa libération, ont tous deux réclamé l'ouverture d'une enquête sur les circonstances de sa mort. "Cette nouvelle est un véritable coup de massue pour tous ceux qui défendent la liberté d’informer en Algérie", a expliqué la directrice du bureau Afrique du Nord de RSF, Yasmine Kacha, dans un communiqué transmis à l'AFP. "Pourquoi une telle condamnation pour des propos exprimés sur Facebook qui ne mettaient personne en danger ?", s'est-elle interrogée.

La date de ce décès n'est en rien anodine, puisqu'il intervient quelques jours avant la publication mardi 13 décembre du bilan annuel de l'organisation de défense de la liberté la presse. RSF relève "à ce jour" qu'ils sont 348 journalistes à être détenus à travers le monde, soit une hausse de 6% par rapport à l'année 2015. Le nombre de professionnels incarcérés en Turquie aurait même "quadruplé à la suite du putsch manqué de juillet"

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    "Aux portes de l'Europe, une véritable chasse aux sorcières a jeté en prison des dizaines de journalistes et fait de la Turquie la plus grande prison pour la profession", a dénoncé dans un communiqué Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Ils seraient en effet une centaine à être détenus dans le pays. "En un an, le régime d'Erdogan a anéanti tout pluralisme médiatique face à une Union européenne bien mutique sur la question".

    L'ONG note malgré tout une baisse du nombre de journalistes retenus en otage à travers la planète, passant de 61 à 52. Pour autant, l'organisation rappelle qu'ils étaient déjà particulièrement nombreux l'an dernier. La plupart d'entre eux le sont actuellement au Yemen, en Syrie et en Irak. Au total le groupe Etat islamique retiendrait 21 journalistes, principalement des locaux, dans ces deux derniers pays.

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