Le Maroc ne veut plus de la burqa

International

POLÉMIQUE - Selon la presse locale, les autorités marocaines interdisent depuis ce lundi la fabrication et la vente de la burqa, très peu portée par les femmes du pays. Raison invoquée ? Son utilisation à des fins "criminelles".

Un bouche à oreille plutôt qu'une annonce publique. Selon la presse, depuis lundi, des agents du ministère de l'Intérieur font la tournée des commerces au Maroc avec une consigne : interdire la fabrication et la vente de la burqa. Un voile intégral musulman pourtant peu porté par les femmes du royaume.

Dès lundi, des agents de l'Intérieur ont ainsi mené des "campagnes de sensibilisation auprès des commerçants" de Casablanca, la capitale économique du pays, "pour les informer" de l'interdiction de la burqa, indique Médias 24. A Taroudant, dans le sud, le pacha (haut fonctionnaire administratif) a quant à lui ordonné à des commerçants qui fabriquent et confectionnent des burqas de liquider leur stock dans les 48 heures, et de stopper toute fabrication et commercialisation de ce vêtement à l'avenir, selon un document qui circule sur les réseaux sociaux, largement repris par les médias. Le même ordre a été donné par le pacha de la petite ville de Ouislane, qui a qualifié la burqa de "niqab afghan".

La majorité des Marocaines portent le hijab

Selon un "responsable de haut rang au ministère de l'Intérieur" contacté par le site Le360, cette décision serait motivée par des raisons sécuritaires. "Des malfrats ont à maintes reprises utilisé ce vêtement pour perpétrer leurs crimes", rappelle d'ailleurs la presse marocaine. 

L'annonce de l'interdiction de la burqa a cependant jusqu'à présent suscité des réactions limitées.  Et pour cause : le port de la burqa reste un phénomène extrêmement marginal au Maroc, où une majorité de femmes portent le simple hijab (qui ne couvre que les cheveux). Et contrairement à la France, la Belgique ou encore les Pays-Bas, aucune loi n'interdit, dans le royaume chérifien, le port du voile islamique intégral dans des lieux publics. Et le Conseil supérieur des Oulémas, une instance officielle chargée d'appuyer la politique religieuse musulmane du pays, ne s'est à ce jour jamais prononcé sur la question de l'interdiction du voile intégral.

Les salafistes s'offusquent

Si les autorités restent pour le moment mutiques pour la suite,  la communauté salafiste du pays, elle, s'inquiète de la portée de cette mesure. "Est-ce que le Maroc se dirige vers l'interdiction du niqab que les musulmanes portent depuis cinq siècles ?.Si c'est vrai, ce serait une catastrophe", s'est offusqué sur son compte facebook Hassan Kettani, un cheikh salafiste..= Pour un militant de la nébuleuse salafiste, interrogé sous couvert d'anonymat, "des milliers de Marocaines portent le niqab. Cette décision est un premier pas vers son interdiction et elle va provoquer une scission au sein dans la société", a-t-il affirmé.

Hammad Kabbadj, un prédicateur dont la candidature aux législatives d'octobre avait été invalidée, a jugé qu'il était "inacceptable de défendre aux citoyennes de porter le niqab oriental, comme d'interférer dans sa commercialisation". Il a ironisé sur Facebook sur le "Maroc des libertés et des droits de l'Homme" qui "considère le port du maillot occidental sur les plages comme un droit intouchable".

En vidéo

JT 20H - Le Maroc dans la rue après la mort atroce d'un vendeur de poisson

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter