Mexique : deux ans après la disparition de 43 étudiants, que sait-on du drame ?

Mexique : deux ans après la disparition de 43 étudiants, que sait-on du drame ?

RECHERCHE DE LA VÉRITÉ – Deux ans après la disparition de 43 étudiants de l’Ecole Normale d’Ayotzinapa, dans l’Etat du Guerrero, au Mexique, le pays cherche toujours des réponses. Entre commémorations et accusations.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté ce dimanche dans différentes villes du pays, et une nouvelle marche se tiendra ce lundi à Mexico, pour réclamer la vérité. Deux ans jour pour jour après la disparition de 43 étudiants dans la localité d’Iguala, enlevés par la police locale, le peuple mexicain veut savoir.

42 corps introuvables

Le 26 septembre 2014, un groupe d’étudiants de l’Ecole Normale d’Ayotzinapa, réputée pour son militantisme, se rend dans la ville d’Iguala pour y manifester contre le gouvernement et commémorer le massacre d'étudiants ayant eu lieu le 2 octobre 1968.

Arrêtés puis enlevés par la police locale, avec l’aide du cartel Guerreros Unidos (Guerriers Unis, allusion également à l’Etat où le cartel est présent, du nom de Guerrero), de nombreux étudiants mexicains disparaissent. Un seul corps a depuis été identifié, celui d'Alexander Mora Venancio, âgé de 19 ans. Les 42 autres corps restent introuvables.

Pas de conclusions

Deux ans plus tard, l’enquête est toujours en cours. La Commission nationale des droits de l’homme a rappelé que ces crimes "ne pouvaient rester impunis", et a demandé à l’Etat mexicain de "faire la lumière" pour que les responsables répondent de leurs actes devant la loi et la société.

Eviter de nouveaux crimes de ce genre- Commission Nationale des Droits de l'Homme

De nombreux points restent à éclaircir, dont le(s) lieu(x) où les étudiants ont été emmenés après leur kidnapping. "Pour la Commission nationale des droits de l’homme, il est important que la vérité soit connue, que les droits des victimes puissent être réparés, et que des mesures soient prises pour éviter de nouveaux crimes de ce genre", a estimé l’organisme dans un communiqué.

Symbole

La disparition des 43 étudiants a suscité un véritable émoi dans l’ensemble du pays, au point de faire vaciller le président Enrique Peña Nieto. Cette histoire révèle surtout les collusions entre les différentes sphères du pouvoir avec les cartels du pays, la corruption et l’immobilisme dans la lutte contre ces groupes armés.

La pression populaire parviendra-t-elle à faire avancer l’enquête ? Pour l’heure, 128 personnes ont été arrêtées, dont 70 directement accusées d’avoir participé à la séquestration et à la disparition des 43 étudiants. Parmi elles, 30 sont membres du cartel Guerreros Unidos et fonctionnaires de l’Etat mexicain, dont le maire de l’époque José Luis Abarca.

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