Le Nobel de la paix décerné à la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN)

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NOBEL - Après les prix de physique et de littérature, le Nobel de la paix a été attribué ce vendredi à Oslo, en Norvège, à la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), formée de plusieurs ONG dans le monde.

Ils étaient 318 candidats, pour un Nobel de la paix. Un an après Juan Manuel Santos, le comité Nobel a choisi de distinguer la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), formée de plusieurs ONG dans le monde. Une décision aussi pressentie qu'elle est de circonstance, à l’heure où les tensions internationales autour de l’arme atomique s’amplifient en Iran et Corée du Nord.


Née en Australie et officiellement lancée à Vienne en 2007, l'ICAN se présente comme une coalition d'organisations non

gouvernementales présentes dans plus de cent pays. C'est sous son impulsion que 122 pays ont signé en juillet dernier un traité historique d’interdiction de l’arme atomique. Mais sa portée reste encore symbolique en raison du boycott du texte par les neuf puissances nucléaires , à savoir les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France, la Chine, l'Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord, qui possèdent au total environ 15.000 armes nucléaires. En outre, l'autre limite relative à ce traité réside dans le fait qu'il n'entrera en vigueur qu'une fois qu'il aura été ratifié par 50 pays.

Le danger que plus de pays se procurent des armes nucléaires est réelPrésidente du comité Nobel

 "Nous vivons dans un monde où le risque que les armes nucléaires soient utilisées est plus élevé qu'il ne l'a été depuis longtemps. Certains pays modernisent leurs arsenaux nucléaires, et le danger que plus de pays se procurent des armes nucléaires est réel, comme le montre la Corée du Nord", a déclaré la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen, qui a appelé les puissances nucléaires à entamer des "négociations sérieuses" en vue d'éliminer leur arsenal.

L'attribution de ce prix prestigieux vise à encourager les efforts en faveur d'un désarmement nucléaire au moment où les tensions sont exacerbées entre les Etats-Unis et la Corée du Nord sur ce sujet et où l'avenir de l'accord sur le programme nucléaire iranien est incertain. Evoquant à ce sujet un "signal d'alarme", Beatrice Fihn, qui dirige l'ICAN, juge que "les armes nucléaires peuvent littéralement mener le monde à sa fin".


L'archevêque sud-africain et prix Nobel de la paix Desmond Tutu, le musicien de jazz Herbie Hancock ou encore le Dalaï lama font partie de ceux qui soutiennent l'organisation, dont le siège se situe dans les bâtiments du Conseil oecuménique des Eglises à Genève, près de l'ONU. Alors qu'il y a dix ans le mouvement des anti-nucléaires était encore assez fragmenté, l'ICAN est parvenue à faire travailler ensemble ces différents activistes avec un objectif commun : interdire et éliminer les armes nucléaires, comme ont déjà été interdites par exemple les armes biologiques ou les mines anti-personnel.

Le prix Nobel de la paix, doté de neuf millions de couronnes suédoises, soit près d'un million d'euros, sera remis à Oslo le 10 décembre prochain. En 2016, il avait été remis au président colombien, pour ses efforts visant à rétablir la paix dans le pays entre le gouvernement et les FARC.

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