Le pape en a nommé 17 ce samedi : mais à quoi servent les cardinaux ?

DirectLCI
EGLISE - Dix-sept cardinaux ont été nommés, ou plutôt "créés" ce samedi par le pape François, qui façonne progressivement un collège à son image, moins européen, engagé dans la paix ou la justice sociale. A quoi servent ces cadres de l'église ? Combien sont ils ? Combien gagnent ils ? Voici quelques réponses.

Il continue d’imprimer sa marque, tranquillement. Samedi, le pape François a créé 17 nouveaux cardinaux, lors d’une cérémonie à la basilique Saint-Pierre. 

Comment devient-on cardinal ?

Les cardinaux sont "créés" - le terme est utilisé pour montrer qu’il n’existe pas de poste fixe - par le pape et lui seul.  L’ensemble d’entre eux forment le Collège cardinalice, dont le nombre varie au cours de l’histoire. Les nommés doivent être au moins prêtre, mais dans la pratique, ils doivent avoir le "grade" d'évêque. 


Le Collège est composé à l'heure actuelle de 228 membres. Leur rôle : ils sont susceptibles d'assister le pape dans son activité. Mais la nomination de cardinaux est surtout une indication politique sur le pontificat en cours et la future élection : ce sont en effet les cardinaux qui sont chargés d’élire le pape.  Par contre, seuls ceux qui ont moins de 80 ans peuvent siéger dans le conclave qui élira le nouveau pape. Dans le collège actuel, ils sont ainsi 121 membres concernés.

Quels sont les avantages d’un cardinal ?

Une fois nommé, le cardinal peut porter l’habit rouge et la barrette, ce bonnet rigide à trois cornes. Mais outre son rôle politique, et le fait qu’il ait préséance partout, sauf en présence du pape, ce n’est pas l’appât du gain qui peut motiver un cardinal : en France, évêques, archevêques et cardinaux reçoivent le même "traitement" qu'un prêtre "de bas", environ 1000 euros net, un peu moins que le smic. Il peut exister des variations de quelques dizaines d'euros d'un diocèse à l'autre : ce sont eux qui rémunèrent les prélats grâce au deniers du culte, aux offrandes de messe, dons et legs…donnés par les fidèles. Cependant, le traitement des évêques et cardinaux varie n'est pas le même dans tous les pays. Par exemple en Belgique, le clergé est rétribué par l’Etat fédéral, et gagne au moins 2 500 euros net par mois. Dans les pays du Sud, comme en Afrique, les membres du clergé sont réputés pour vivre assez largement. 

Quel changement historique a accompli le pape François avec ce nouveau collège de cardinaux ?

C’est la troisième fois que le pape François créé des cardinaux depuis son élection en 2013, ce qui fait qu’il a déjà personnellement nommé plus d'un tiers des électeurs. Il a expliqué que ses choix reflétaient "l'universalité de l'Eglise" en opposition avec une tradition jadis davantage centrée sur l'Europe. De fait, 13 hommes de tous les continents sont devenus samedi des cardinaux électeurs : trois Européens, trois Américains, un Mexicain, deux Sud-américains, deux Africains, un Asiatique et un prélat d'Océanie. Quatre cardinaux de plus de 80 ans ont un statut plus honorifique. Certains sont pointés comme étant plus progressistes", défendant par exemple la place des femmes dans l'Eglise, le célibat des prêtres, ou encore l'immigration. 


Ce nouveau conclave est "historique" car pour la première fois, les cardinaux non européens sont majoritaires :  45% des électeurs sont venus d'Europe (contre 52% lorsque le pape François fût élu en mars 2013), 14% d'Amérique du nord, 12% d'Afrique, 12% d'Asie, 11% d'Amérique du sud, 3% d'Amérique centrale, et 3% d'Océanie. Le rééquilibrage devient plus en phase avec la présence majoritaire de croyants dans l'hémisphère sud de la planète, alors que l'Europe se sécularise.

Que leur a demandé le pape ?

Dans son homélie, le pape François a reparlé des thèmes qui lui sont chers : la paix, la justice sociale. "Aimez, faites du bien, bénissez et priez", leur a recommandé le pape François dans une homélie, en dépeignant un monde rongé par "le virus de la polarisation et de l'exclusion".


"Nous voyons comment rapidement celui qui est à côté de nous non seulement possède le statut d’inconnu ou d’immigré ou de réfugié, mais encore devient une menace, acquiert le statut d’ennemi", a-t-il déploré, en notant que "l'inimitié" existait aussi dans les communautés religieuses. "Nous provenons de pays lointains, nous avons des coutumes, des couleurs de peau, des langues et des conditions sociales différentes; nous pensons de manières différentes et nous célébrons aussi la foi par des rites différents. Et rien de tout cela ne nous rend ennemis!", a-t-il insisté.

Lire aussi

En vidéo

JT WE – Le pape François reçoit des milliers de sans-abris au Vatican

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter