Le régiment d'Haguenau pleure la mort du sergent Huynh et du brigadier Risser au Mali

Le régiment d'Haguenau pleure la mort du sergent Huynh et du brigadier Risser au Mali

OPÉRATION BARKHANE - Le sergent Huynh et le brigadier Risser sont décédés lors d'une opération de reconnaissance menée samedi au Mali, près de la frontière nigérienne. Ces deux militaires appartenaient à un régiment spécialisé dans l'infiltration et le renseignement.

La force française Barkhane a été de nouveau mortellement frappée au Mali. Deux soldats ont succombé samedi à une attaque à l'engin explosif lors d’une mission de reconnaissance et de renseignement, non loin de la ville de Ménaka (nord-est du Mali), dans la zone dite des "trois frontières" (Mali, Niger et Burkina Faso) où se concentrent désormais une bonne partie des attaques djihadistes au Sahel. Un troisième soldat a été blessé mais ses jours ne sont pas en danger, selon un communique de l'état-major des armées.

Les deux victimes étaient issues du 2e régiment de hussards de Haguenau (Bas-Rhin), spécialisé dans le renseignement et l’infiltration. Le sergent Yvonne Huynh, âgée de 33 ans et native de Trappes (Yvelines), effectuait sa seconde mission au Mali. Elle est la première femme de l'armée française tuée au Sahel depuis le début l’opération Serval en 2013. Cette mère d'un jeune garçon, qui s'était engagée au sein du 3e régiment d’artillerie de marine, avait rejoint en 2017 le 2e régiment de hussards de Haguenau, après avoir été mutée à La Réunion pendant trois ans au sein du régiment du service militaire adapté.

L’autre militaire tué, le brigadier Loïc Risser, 24 ans et natif de Saint-Louis (Haut-Rhin), était engagé pour la troisième fois au Mali. Il servait depuis avril 2016 au sein du 2e régiment de Haguenau et se trouvait au Mali depuis le 11 novembre, précisent nos confrères des Dernières Nouvelles d'Alsace. Le 2e régiment de Hussards de Haguenau était déjà endeuillé par le décès accidentel d’un brigadier-chef sur la base d’Aguelal au Niger, en 2018, rappelle le quotidien régional.

"Deux combattants par leur esprit et leurs qualités humaines"- Le colonel Maurice de Saint-Victor, chef de corps du 2e régiment de Hussards de Hagenau

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Deux soldats français tués au Mali : ce que l'on sait

"On a de la peine", s'émeut au micro de LCI le colonel Maurice de Saint-Victor, chef de corps du 2e régiment de Hussards de Hagenau, au lendemain de l'annonce de leur disparition au cours d'une opération sur le terrain. "C’était deux combattants, à la fois par leur esprit et leurs qualités humaines, poursuit le militaire. Le sergent [Yvonne Huynh] était montée de militaire du rang à sous-officier, parce qu’elle s’est montrée solide et compétente. Le brigadier [Loïc Risser] était un soldat rayonnant de par ses compétences et sa camaraderie."

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Après la mort de trois soldats du 1er régiment de chasseurs de Thierville-sur-Meuse lundi dans des circonstances similaires, ces deux décès portent à cinquante le nombre de soldats français tués au Sahel depuis 2013 dans les opérations antidjihadistes Serval puis Barkhane, a précisé l'état-major des armées dans un communiqué. Il s'agit de l'opération militaire française dont le bilan est le plus lourd depuis l'intervention en Afghanistan de 2001 à 2014, où 89 soldats français ont été tués et autres 700 blessés.

Le président Emmanuel Macron a salué la mémoire de ces deux soldats, "morts pour la France dans l'accomplissement de leur devoir", tout en réaffirmant "la détermination de la France dans son combat contre le terrorisme". La ministre des Armées, Florence Parly, a également rendu hommage aux soldats tués. "La motivation, la pugnacité et l'abnégation des militaires français demeurent intactes face aux groupes terroristes, filières de Daech et d'Al-Qaïda, qui sèment terreur et chaos au Mali et au Sahel", a déclaré samedi la ministre dans un communiqué.

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