Le roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej est mort, son fils lui succédera

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DISPARITION - Bhumibol Adulyadej est mort. Le monarque de la Thaïlande a rendu l'âme le 13 octobre à Bangkok, a annoncé le palais royal. Il avait 88 ans. Son fils Maha Vajiralongkorn prendra la succession.

La Thaïlande a perdu son roi. Bhumibol Adulyadej, dont l'état de santé s'était sérieusement délabré le 12 octobre, s'est éteint à 88 ans le 13 octobre à Bangkok, a annoncé le palais royal. La veille, l'institution avait publié un bulletin de santé inquiétant, expliquant qu'il était "sous assistance respiratoire et sous thérapie de remplacement rénal".


Replié dans ses appartements royaux depuis près d'un an, Bhumibol Adulyadej était le plus vieux roi en exercice au monde. Il était monté sur le trône thaïlandais à l'âge de 18 ans, soit un règne de 70 ans, qui aura vu passer une vingtaine de Premiers ministres. De quoi faire de cet homme richissime (on lui attribue une fortune de 23 milliards d'euros) un demi-Dieu dans son pays, où le crime de lèse-majesté est très sévèrement puni par la loi, et d'autant plus depuis le coup d'Etat militaire de 2014 (jusqu'à 15 ans de prison).

Fils controversé

La junte militaire qui dirige a annoncé que c'est  Maha Vajiralongkorn, son fils, qui lui succèdera. Une succession qui n'est pas forcément du goût de toute la population. Agé de 64 ans, Maha Vajiralongkorn ne vit en effet pas en Thailande et ne jouit pas de la même popularité que son père. 


Il a notamment été critiqué en juillet lorsque le magazine allemand Bild avait publié des photos de lui, vêtu d'un jean porté particulièrement bas sur les hanches et d'un débardeur laissant apparaître ses tatouages. Une apparence désinvolte que la population thailandaise a jugé non digne de son rang. Autre problème : en 2014, son ex-épouse, la princesse Srirasmi, a "renoncé à son statut royal", pour ne pas dire le divorce. Un mot qu'on associe difficilement à un héritier à la couronne du pays, et qui fait donc tâche sur le CV de celui qui  est appelé à la succession. 

Crainte de nouveaux troubles

Selon un témoignage recueilli  par LCI auprès d'une personne résidant à Bangkok, plusieurs élements troublants ont eu lieu avant l'annonce officielle de la mort, qui était pressentie depuis plusieurs heures : des collègues qui s’en vont inhabituellement à la hâte, avant même la fin de leur journée de travail "parce qu'ils ont peur"; des militaires qui commencent à barrer les rues, des employés de l’Onu qui auraient eu pour ordre de leur direction "de retirer un maximum de cash, de faire un maximum de courses et de vite renter chez eux", ou encore une photo du temple du roi sur laquelle  "les drapeaux jaunes, symbole de la royauté" étaient retirés. 


Quoi qu'il en soit, la mort de Bhumibol Adulyadej, seul ciment de la nation thaïlandaise, fait craindre de nouveaux troubles dans le pays, dirigé depuis 2014 par les militaires.

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