Le scandale Volkswagen en cinq questions

Le scandale Volkswagen en cinq questions

AUTOMOBILE - La tricherie aux normes environnementales par Volkswagen est "la plus grosse fraude de l'histoire automobile", selon Louis Schwetzer, ancien patron de Renault. Retour en cinq questions sur cette affaire hors normes.

 Quel était l'intérêt pour Volkswagen de tricher ?
Volkswagen a fraudé les contrôles environnementaux afin de gagner un avantage concurrentiel. Le logiciel espion du constructeur permettait de détecter les contrôles et de déclencher l’équipement anti-pollution. Mais, une fois le test terminé, le programme coupait les mécanismes écolos. Or le mode faible émission consomme davantage de carburant que le mode émission élevée. Avec son logiciel espion, le constructeur allemand peut donc présenter ses voitures comme plus économes que celles de ses concurrents qui, elles, respectent les normes de pollution. Et ainsi gagner des parts de marché.

► Quelles sont les 11 millions de voitures concernées ?
Alors qu'au début de l'affaire, environ 500.000 véhicules diesel vendus aux Etats-Unis étaient concernés, Volkswagen a indiqué que le logiciel espion concerne tous les moteurs diesel de type EA189, soit "un volume total d'environ 11 millions de véhicules dans le monde". Or le constructeur a également reconnu que "des enquêtes internes (avaient) montré que le logiciel en question était aussi présent dans d'autres véhicules diesel du groupe". Soit pas seulement des voitures de marque VW ou Audi mais potentiellement sur d'autres marques comme Skoda et Seat. Et donc dans de nombreux pays du monde. Les véhicules concernés pourraient donc faire l'objet d'un rappel pour désinstaller le logiciel, mais le groupe allemand n'a livré aucune précision sur le sujet.

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► Les autres constructeurs ont-ils fraudé ?
A priori non. "Nous sommes en discussions avec les Américains, avec les administrations en charge de l'environnement, avec le secteur automobile, et nous n'avons aucune indication à ce stade" sur l'implication d'autres constructeurs, a indiqué ce mardi le ministre allemand des transports, Alexander Dobrindt. D'autre part, les groupes automobiles français se sont dits favorables à une enquête européenne sur le contrôle des émissions des véhicules. Une telle procédure "permettra de confirmer que les constructeurs français respectent les procédures d'homologation en vigueur dans tous les pays où ils opèrent", indique un communiqué du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). Renault et PSA boivent du petit lait.

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► La direction de Volkswagen était-elle au courant ?
De façon assez surprenante, le PDG du groupe, Martin Winterkorn, a affirmé ce mardi n'avoir pas lui-même à l'heure qu'il est "les réponses à toutes les questions". Etant donné l'ampleur de la fraude, il est difficile à croire que le patron n'a pas été informé de l'installation du logiciel espion. D'autant que, selon les autorités américaines, Volkswagen avait été informé dès 2014 par les régulateurs d'écarts entre les émissions réelles et celles relevées lors de tests. Reste que jouer l'ignorant constitue souvent la meilleure des défenses. En attendant, Martin Winterkorn a annoncé sa démission, ce mercredi.

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► Volkswagen est-il en danger de mort ?
Non, mais le constructeur est d'ores et déjà sérieusement affaibli. Le titre de Volkswagen a ainsi perdu 19,82% mardi pour finir à 106 euros, ce qui amène à 35% sa dégringolade sur deux séances. Ce sont ainsi 25 milliards d'euros de capitalisation boursière qui se sont évaporés en deux jours. Dans le même temps, le constructeur est sous le coup d'une enquête de l'Agence fédérale de l'environnement (EPA) qui pourrait lui infliger une amende de 16 milliards d'euros. Sans compter les enquêtes engagées dans d'autres pays (Allemagne, France, Corée-du-Sud), les plaintes potentielles de particuliers et d'ONG et les répercussions négatives en termes d'image. En prévision, le groupe allemand a mis de côté mardi 6,5 milliards d'euros dans ses comptes du troisième trimestre. Reste que Volkswagen, plus gros vendeur d'automobiles au monde, pèse 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires et a dégagé l'an dernier un bénéfice net part du groupe de 10,8 milliards d'euros. De quoi faire face financièrement. Qui plus est, Volkswagen emploie 600.000 salariés et il est peu probable que le Lander de Basse-Saxe, actionnaire à 20% du géant allemand, laisse couler un tel employeur.

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