Le Soudan du Sud à son tour au bord du gouffre

Le Soudan du Sud à son tour au bord du gouffre

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AFRIQUE - Alors que les combats font rage depuis trois semaines au Soudan du Sud, les négociations entre gouvernement et rebelles patinent. Après deux ans d'existence, le tout nouvel Etat connaît déjà une grave crise humanitaire.

Nouveau point chaud en Afrique. Après à peine deux ans d'existence, le Soudan du Sud est dans une situation catastrophique. Issu en juillet 2011 d'une scission avec le Soudan, le pays est depuis trois semaines le théâtre de combats meurtriers entre l'armée du président Salva Kiir et les rebelles de son ancien vice-président, Riek Machar.

C'est l'affrontement entre ces deux hommes qui a mis le feu aux poudres. En juillet dernier, le président a limogé son vice-président qui projetait de se présenter aux prochaines élections, l'accusant de fomenter un coup d'Etat. Moins de six mois plus tard, le 15 décembre, des combats éclataient entre leurs unités respectives. A ces combats se sont peu à peu ajoutés des massacres, viols et meurtres à caractère ethnique entre les Dinka (majoritaires) de Salva Kiir et les Nuer de Riek Machar.

Déjà 200.000 déplacés

Résultat, l'ONU estime que plus de 1000 personnes sont déjà mortes, un bilan que d'autres sources humanitaires pensent largement sous-estimé. Quelque 200.000 personnes ont en outre été déplacées. "Nous ne savons pas ce qu'il va advenir" d'eux, s'inquiète Raphaël Gorgeu, chef de la mission locale de Médecins sans frontières (MSF), qui alerte notamment sur les risques d'épidémies dans les camps de fortunes. D'autant que cette situation s'ajoute à une précarité déjà très forte des populations avant le conflit, explique l'ONG Care : "le Soudan du Sud est l'un des environnements les plus hostiles pour les femmes et les enfants".

Jeudi, les combats ont repris, autour de la capitale régionale du Nord, Bentiu, que l'armée tente de reprendre aux rebelles. Pendant ce temps-là, à 2000 kilomètres plus à l'Est, le processus de négociations entamé lundi à Addis-Abeba (Ethiopie) patine. Sous l'égide de plusieurs pays d'Afrique de l'Est, les discussions achoppent notamment sur la libération de onze prisonniers exigée par les rebelles, que Juba (la capitale sud-soudanaise) refuse catégoriquement. Mercredi les Etats-Unis, qui avaient soutenu la création du Soudan du Sud, ont tenté de peser en prenant position pour la libération des prisonniers. Washington sait qu'un cessez-le-feu est urgent, avant une guerre civile.

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