Le Soudan face à un "coup d'État", le Premier ministre et d'autres dirigeants arrêtés par "des forces militaires"

Le Soudan face à un "coup d'État", le Premier ministre et d'autres dirigeants arrêtés par "des forces militaires"

DANGER - Des hommes armés non identifiés ont arrêté à leur domicile plusieurs dirigeants soudanais - dont la plupart des ministres et membres civils du Conseil de transition - ce lundi, a indiqué le ministère de l'Information.

Inquiétudes au Soudan. Plusieurs dirigeants soudanais, parmi lesquels de nombreux ministres et membres civils du Conseil de transition, ont été arrêtés ce lundi par des hommes armés non identifiés. "Les membres civils du Conseil de souveraineté" qui chapeaute la transition "et la plupart des ministres [...] ont été emmenés vers une destination inconnue", a affirmé dans un communiqué le ministère de l'Information. 

Selon plusieurs médias locaux, le Premier ministre, Abdallah Hamdok, a également été capturé. Une information confirmée dans la foulée par les autorités : "après avoir refusé de soutenir le coup d'État, des forces armées ont arrêté le Premier ministre Abdallah Hamdok et l'ont emmené vers un lieu non identifié". L'internet a également été coupé dans le pays et le siège de la radiotélévision d'État a été pris d'assaut, selon l'AFP. 

L'Association des professionnels, l'un des fers de lance de la révolte qui a mis fin en 2019 à 30 ans de dictature du président Omar el-Béchir, a fustigé un "coup d'État" intervenant après des semaines de tensions entre les autorités militaires et civiles de transition dans le pays. 

À la suite de ce coup de force, le Premier ministre mais aussi le syndicat des médecins et des banques et l'Association des professionnels ont immédiatement appelé à la désobéissance civile. Dans la matinée, des manifestants se sont rassemblés à Khartoum, bloquant les rues de la capitale. Selon le ministère de l'Information, certains d'entre eux ont essuyé des tirs à "balles réelles". En fin d'après-midi, un syndicat de médecins pro-démocratie recensait "trois morts et plus de 80 blessés" par des balles "de l'armée"

"Un coup d'État rampant"

Ces événements interviennent deux jours seulement après qu'une faction soudanaise appelant à un transfert du pouvoir vers un régime civil a mis en garde contre un "coup d'État rampant". Le Soudan, pays d'Afrique de l'Est, connaît une transition précaire entachée de divisions politiques et de luttes de pouvoir depuis l'éviction du président Omar el-Béchir en avril 2019. Il est actuellement dirigé par une administration composée de civils et de militaires chargée de superviser la transition vers un régime entièrement civil. 

La semaine dernière, des dizaines de milliers de Soudanais ont défilé dans plusieurs villes pour soutenir le transfert complet du pouvoir aux civils, et pour contrer un sit-in rival de plusieurs jours devant le palais présidentiel dans la capitale Khartoum, qui exigeait un retour au "régime militaire".

Condamnations de la communauté internationale

À l'international, la condamnation est unanime. Ainsi, les États-Unis se sont dits "profondément inquiets" par les récentes annonces de prise de pouvoir des militaires. Le secrétaire général de la Ligue arabe a, de son côté, fait part de sa "profonde préoccupation face aux développements" au Soudan. 

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a condamné "le coup d'Etat militaire en cours" au Soudan et réclamé la libération "immédiate" du Premier ministre Abdallah Hamdok. "Il faut assurer le plein respect de la charte constitutionnelle pour protéger la transition politique obtenue de haute lutte", a-t-il affirmé sur Twitter.

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Sur le Vieux Continent, le président français, Emmanuel Macron, a condamné "avec la plus grande fermeté" la tentative de coup d'État au Soudan. "J’exprime notre soutien au gouvernement de transition soudanais et appelle à la libération immédiate et au respect de l’intégrité du Premier ministre et des dirigeants civils", a ajouté le chef d'État sur Twitter. L'Union Européenne s'est également élevée contre les agissements des militaires par la voix de son haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borell. Ce dernier a ainsi appelé la communauté internationale "à remettre la transition soudanaise sur les rails"

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