Le sulfureux Lutz Bachmann de retour à la tête du mouvement anti-islam Pegida

Le sulfureux Lutz Bachmann de retour à la tête du mouvement anti-islam Pegida

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ALLEMAGNE – Un mois après avoir été contraint de démissionner, l'ancien leader de Pegida a été réintégré à la tête de ce mouvement anti-immigrés allemand. Il conteste désormais l'authenticité de la photo qui le montrait grimé en Hitler.

Un mois en tout et pour tout. C'est le temps qu'aura duré la mise à l'écart (officielle) de Lutz Bachmann du mouvement anti-islam allemand Pegida. Lundi, la page Facebook des "Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident" , groupe né à Dresde avant d'essaimer dans toute l'Allemagne, a annoncé qu'il était réintégré au sein de son comité de direction.

"Je n'ai jamais quitté l'organisation"

Lutz Bachmann, 42 ans, avait été contraint de le quitter le 21 janvier, en plein apogée du mouvement, après la révélation de propos xénophobes sur les réfugiés – il les avait traités de "bétail et de bâtards" en septembre dernier – et la parution dans la presse d'une photo le montrant grimé en Adolf Hitler. Lundi dans The Guardian , le fondateur de Pegida a contesté l'authenticité de ce cliché, ce qu'il n'avait pourtant absolument pas fait au moment de la polémique.

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"Sur la photo originale, je n'avais pas de moustache, a-t-il soutenu dans les colonnes du journal britannique. Depuis, il a été révélé qu'il s'agissait d'un trucage (c'est ce qu'a affirmé un article du quotidien de Dresde Sächsische Zeitung, ndlr) mais à ce moment-là, il était tout simplement impossible de nier et, afin d'éviter les dégâts, j'ai démissionné. Mais seulement en tant que président : je n'ai jamais quitté l'organisation".

Un mouvement en perte de vitesse

Effectivement, Lutz Bachmann n'a jamais disparu du mouvement, prenant même la parole lors de la dernière "manifestation du lundi", le 16 février, pour annoncer la présence d'un candidat Pegida aux prochaines élections municipales de Dresde attendues en juin.

D'après plusieurs médias allemands, son maintien officieux à la tête de Pegida avait d'ailleurs été la principale cause du départ, le 28 janvier, de cinq autres dirigeants, dont l'ancienne porte-parole Kathrin Oertel. Dans la foulée, le mouvement islamophobe est apparu en nette perte de vitesse : le rassemblement du 16 février n'a rassemblée "que" 4000 personnes à Dresde, contre un record de 25.000 personnes le 12 janvier. D'où le retour aux manettes du sulfureux Bachmann.

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