Le suspect de la fusillade du Capital Gazette avait harcelé des journalistes pendant des années

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TUERIE - Le profil du suspect de la fusillade dans la rédaction du Capital Gazette, aux Etats-Unis, se précise peu à peu. Jarrod Ramos connaissait des contentieux de longue date avec la publication. Il cyberharcelait ses journalistes depuis des années.

Il est poursuivi pour cinq chefs d'inculpation de meurtre avec préméditation. Jarrod Warren Ramos, âgé de 38 ans, est le principal suspect de la tuerie qui a eu lieu le 28 juin dans la rédaction du Capital Gazette, à Annapolis, dans le Maryland. Armé d'un fusil, il a fait irruption dans les locaux du journal, avant d'ouvrir le feu. Quatre victimes meurent sur le coup, une autre décédera plus tard à l'hôpital. En tout, quatre journalistes et une employé du marketing ont perdu la vie.


Au lendemain de la fusillade, on en sait davantage sur le profil du tireur. Il apparaît, d'après les premiers éléments de l'enquête, que le suspect n'était pas un inconnu de la rédaction. Et pour cause, le journal connaissait un contentieux sérieux avec Jarrod Ramos depuis 2012. Ce dernier a en effet porté plainte contre le Capital Gazette et l'un de ses journalistes suite à un article publié à son sujet : l'histoire d'une jeune femme cyberharcelée par Jarrod Ramos y était alors relatée. Le plaignant perd son procès en diffamation, mais hélas, l'histoire ne s'arrête pas là. 

D'anciens tweets remontent à la surface

À l'issue de ce procès, la publication d'Annapolis et ses journalistes deviennent une cible privilégiée de Jarrod Ramos. Il cyberharcèle régulièrement l'ensemble de la rédaction via Twitter, et ce pendant des années. Tom Marquardt, ancien rédacteur en chef  du Capital Gazette désormais à la retraite, en fait partie. D'ailleurs, si le compte Twitter du suspect est désactivé depuis jeudi soir, le cache Google nous permet encore ce vendredi de retrouver des anciens tweets de Jarros Ramos, le ciblant nommément dès 2015.

#JeSuisCharlie

Dans son viseur également, un certain Eric Hartley, qui n'est autre que le journaliste du Capital Gazette qui a publié le fameux article à l'origine des griefs. C'est le visage de ce journaliste qui apparaît en photo de profil de Jarrod Ramos... et son nom qui compose en partie le pseudo du suspect.

Dans l'édition du jour du Capital Gazette, que la rédaction a choisi de publier après la tuerie, l'ex-rédacteur en chef Thomas Marquardt témoigne et se souvient avoir prévenu la police au sujet de Ramos dès 2013 : "J’étais vraiment inquiet qu’il puisse un jour nous menacer de violence physique. Je l’avais même dit à ma femme : faut faire attention, ce mec pourrait vraiment nous faire mal."


Selon des tweets retrouvés par les médias américains, Ramos avait même indiqué qu'il se réjouirait de voir le journal cesser de paraitre, mais "que ce serait plus sympa" de voir deux des journalistes "cesser de respirer". Par ailleurs, des captures d'écran circulent sur le web, montrant des tweets publiés en janvier 2015, dans lesquels le suspect, quelques jours après l'attentat à Charlie Hebdo, utilise le hashtag #JeSuisCharlie

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