Le tireur du cinéma d'Aurora échappe à la peine de mort, une décision pas si surprenante

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VERDICT - Le délibéré des jurés du procès de James Holmes, le responsable du meurtre de douze personnes dans un cinéma d'Aurora, a provoqué l'indignation des familles. Si voir le tueur échapper à la peine capitale peut surprendre sachant le contexte actuel aux Etats-Unis, la décision reste plutôt logique au regard des habitudes du Colorado.

Sa tuerie avait choqué les Etats-Unis, son procès indigne les familles des victimes. James Holmes, le responsable du meurtre de douze personnes dans un cinéma d'Aurora (Colorado), a échappé vendredi à la peine de mort faute d'unanimité entre les douze jurés, et devrait être condamné à la prison à perpétuité.

Vive émotion des familles des victimes

La décision du jury ne condamne néanmoins pas directement l'homme de 27 ans. Celle-ci induit en effet la décision du juge, qui devrait prononcer la peine entre le 24 et 26 août. Un quasi-verdict donc, accueilli avec indignation par les familles des victimes. "Imaginer que ce monstre aura la visite de ses parents et recevra du courrier est quelque chose de difficile à accepter", regrette dans le Denver Post Sandy Phillips, dont la fille est morte de l'assaut. Robert Sullivan, le grand-père d'une petite fille de six ans tuée, ose même avancer qu'au moins un "infiltré" dans le jury a fait en sorte que la peine de mort ne soit pas prononcée, toujours dans le quotidien local.

L'émotion prédomine évidemment dans ce genre de terribles situations. Il est vrai que la peine peut paraître à première vue surprenante, alors que Djokhar Tsarnaev, le responsable de l'attentat de Boston, a lui été très récemment condamné à mort (une décision là aussi controversée), et que les tueries  se multiplient outre-Atlantique ces derniers mois. Des commentaire pris ça et là sur les internets tentent alors d'expliquer l'indulgence d'un ou une partie des douze hommes en colère. L'argument racial est religieux est notamment avancé, mais rien de bien convaincant en se penchant sur l'historique de l'Etat du Colorado concernant ce type de condamnations.

La peine de mort, verdict rarissime au Colorado

Si cet état historiquement Républicain (récemment passé côté Démocrate) n'est pas particulièrement progressiste en dehors de la légalisation du cannabis, la peine de mort, certes encore en vigueur, n'y est que très peu prononcée. Le Texas, l'Oklahoma ou le Missouri continuent en effet d'appliquer plusieurs fois par an la peine capitale, avec quelques drames à la clé , contrairement à une grande partie du reste des Etats-Unis, à commencer par le Colorado.

La dernière condamnation à mort remonte ainsi à 1997 dans cet Etat, un certain Gary Lee Davis avait alors été reconnu coupable de l'enlèvement, du viol et du meurtre d'une fille de 17 ans. Il s'agit d'ailleurs du seul condamné à mort du Colorado depuis 1977 et le rétablissement de la peine capitale dans cet Etat.

Le Colorado n'est pour autant pas un endroit ou le crime ne vit pas. L'une de ses villes, Pueblo, figure à titre d'exemple dans la liste des 100 villes américaines l es plus dangereuses . Des tueurs en séries plus ou moins connus y ont également sévi, comme Scott Lee Kimball  ou Robert Charles Brown , tous deux condamnés à des peines similaires. Preuve dans cette affaire que, malgré l'émotion, l'aspect culturel a sans doute pris le dessus dans le verdict des jurés.

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