L'économie suisse à l'heure du krach

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FINANCES – Qualifiée de "tsunami" par certains, la décision de la banque nationale suisse d'abandonner le taux plancher de conversion du franc suisse avec l'euro a crée la surprise sur les marchés financiers et plongé l'économie helvétique dans le désarroi. Les travailleurs frontaliers, eux, ont de quoi se réjouir.

Panique sur les marchés suisses. La décision de la Banque nationale suisse ( BNS ) semble avoir pris tout le monde de cours. Jeudi matin, un communiqué de l'autorité bancaire helvétique a annoncé l'abandon du taux plancher en vigueur depuis 2011, qui, à grand renfort d'injections de liquidités, empêchait le franc suisse de s'apprécier au-delà de 1,20 CHF pour 1 euro. Une mesure exceptionnelle qui visait à maîtriser l'envolée de la monnaie suisse au plus fort de la crise financière dans le but de préserver une économie fortement exportatrice.

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Ce taux de conversion plancher supprimé, la réaction sur les marchés financiers ne s'est pas fait attendre. Dans la foulée de l'annonce de la BNS, le franc suisse a bondi de 30% par rapport à l'euro et le dollar. La monnaie suisse s'est même échangée dans le cours de la journée à 0,85 CHF pour un euro. "C'est un tsunami" a notamment déclaré jeudi le directeur général de Swatch Group, numéro un mondial de l'horlogerie, Nick Hayek. Comme Swatch, de grands groupes suisses, dont le chiffre d'affaires se fait essentiellement à l'étranger, ont accusé jeudi de très fortes baisses de leurs actions. En milieu de journée, la bourse de Zurich perdait plus de 12% et certains grands noms de l'industrie helvétique plus de 15%.

Sourires aux bureaux de change

Parallèlement à cette annonce choc, motivée par la baisse continue de l'euro face au dollar, la BNS a abaissé le taux d’intérêt de référence à -0,75%, histoire de décourager les spéculateurs susceptibles de faire un peu plus flamber la devise helvétique.

Mais, dans le sillage de l'annonce de la BNS, tous ne sont pas perdants. Si le secteur touristique a de quoi faire grise mine – le coût d'un séjour chez nos voisins alpins s'appréciant d'autant -, les travailleurs frontaliers, payés en franc suisse mais vivant en France, peuvent se frotter les mains. Certains rêvaient jeudi de voir leur pouvoir d'achat s'envoler de 30% à l'issue de cette journée. Pas sûr cependant que l'écart entre la monnaie suisse et l'euro reste aussi élevé jusqu'au jour de la paie. A n'en pas douter, les grands gagnants du jour sont ceux qui se sont présentés aux guichets des bureaux de change pour convertir leurs francs suisses en euros.

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