Législatives en Espagne : la droite en tête, mais affaiblie

Législatives en Espagne : la droite en tête, mais affaiblie

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ÉLECTIONS– Le parti de droite du chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, arrivé en tête, perdrait la majorité à la chambre des députés à l'issue des élections législatives dimanche. Le Parti socialiste se hisserait à la deuxième place.

Les Espagnols ont infligé dimanche un sévère avertissement aux formations traditionnelles, les conservateurs arrivant en tête des législatives mais perdant leur majorité absolue, et les socialistes deuxièmes talonnés par Podemos, laissant un pays difficile à gouverner.

"Je vais tenter de former un gouvernement", a annoncé Mariano Rajoy, le chef du gouvernement sortant à ses partisans rassemblés devant le siège de son Parti Populaire (PP). "Il faudra beaucoup parler, dialoguer, arriver à des accords et je vais essayer", a-t-il insisté.

Pas de majorité absolue

Les conservateurs, au pouvoir depuis 2011, ont remporté 123 sièges sur 350 au Parlement, soit 63 sièges de moins qu'il y a quatre ans, ce qui les prive de la majorité absolue qui leur aurait permis d'être investis sans souci, après le dépouillement de plus de 99% des bulletins de vote.

"C'est un désastre, un désastre, sans Rajoy l'Espagne sombrerait dans le chaos", s'inquiétait, Carmen Terron Lopez, 71 ans, craignant que le chef du gouvernement soit chassé du pouvoir par une coalition de rivaux.

"C'est une victoire du PP, mais il pourrait se produire quelque chose d'insolite en Espagne, que le vainqueur finisse par ne pas gouverner", a aussi estimé le professeur de sciences politiques Jordi Matas, de l'université de Barcelone.

Même avec le soutien des 40 députés de la nouvelle formation libérale Ciudadanos, la quatrième force politique avec 13,9% des voix, le PP aura du mal à former un gouvernement. Ce scénario a en outre été exclu par Ciudadanos, qui a annoncé qu'il s'abstiendrait.

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Après trente-deux ans de bipartisme, qui ont vu se succéder au pouvoir le PSOE et le PP, Podemos, formation de gauche radicale issue du mouvement des "Indignés", s'est imposé dans le paysage politique. Un sondage sortie des urnes réalisé par la télévision publique espagnole l'avait placé en deuxième position, devant le Parti socialiste.

Un pays traumatisé par cinq ans de crise

Podemos et Ciudadanos ont émergé à la faveur d'une crise sans précédent, qui a secoué non seulement l'économie mais aussi les institutions, ternies par la corruption touchant l'ensemble de l'establishment: partis traditionnels, grandes entreprises, syndicats, et même une fille du roi Juan Carlos.

Près de 36 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes dans un pays traumatisé par cinq ans de crise et où encore un actif sur cinq est au chômage malgré la reprise économique qui a démarré fin 2013.

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