Législatives en Iran : "La population veut du changement"

Législatives en Iran : "La population veut du changement"
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RENDEZ-VOUS – Les Iraniens votent ce vendredi pour les élections législatives qui devraient permettre ou non au président réformateur Hassan Rohani de poursuivre sa politique d'ouverture, notamment vers l'Occident. Me Ardavan Amir-Aslani*, auteur notamment de nombreux ouvrages sur l'Iran et sa politique, répond aux questions de metronews sur ce scrutin majeur pour l'avenir proche du pays.

Quel est l'enjeu de ces élections législatives en Iran ?
L'enjeu est de taille car deux élections se déroulent simultanément. D'abord les élections parlementaires, qui vont renouveler la totalité des 290 sièges du parlement, et, parallèlement, les élections qui vont porter sur le renouvellement des membres du Conseil des experts chargés de pourvoir, à terme, au remplacement du Guide suprême Ali Khamenei (76 ans, ndlr).

Quel clan a les faveurs du peuple ?
Le peuple iranien dans sa majorité fait confiance au pouvoir en place, qui a mis un terme aux sanctions internationales et cherche à organiser le retour du pays dans le concert des nations. Les gens veulent un changement, une amélioration de leur situation économique au quotidien et le président Rohani a besoin d'une majorité à l’Assemblée pour poursuivre sa politique. Il veut notamment mettre à la portée des Iraniens davantage de libertés sociales, réduire les mesures restrictives du pouvoir et améliorer la situation économique du pays.

EN SAVOIR + >>  Iran : Hassan Rohani, un président en quête d'ouverture économique

Les réformateurs devraient donc l'emporter ?
Le gouvernement actuel cherche à obtenir une majorité écrasante, ce que les conservateurs veulent contrer. Ces derniers craignent que les réformateurs concentrent entre leurs mains la fonction présidentielle, avec Hassan Rohani, et le pouvoir législatif. S'ils ne peuvent faire obstacle à la victoire des réformateurs, ils devraient donc essayer d'en limiter la portée. Je pense donc que la victoire reviendra aux réformateurs mais à quelques voix près.

Comment les conservateurs peuvent-ils contenir la poussée réformatrice lors de ce scrutin ?
Les candidatures au parlement ont été contrôlées par le Conseil des gardiens, qui est une sorte de Conseil constitutionnel iranien. Cette instance est actuellement aux mains des conservateurs qui ont écarté de très nombreux candidats. Cela explique le nombre record de 12.000 candidatures déposées majoritairement par les réformateurs, qui espèrent ainsi conserver un nombre suffisant de listes pour remporter le scrutin.

La situation géopolitique particulièrement instable au Proche-Orient, avec notamment la guerre syrienne, va-t-elle peser sur l'élection ?
Non, pas au niveau de l'Assemblée. Les électeurs vont voter en fonction d'une volonté de soutenir le président Rohani, d'assurer la continuité de sa politique d'ouverture vers l'Occident et enfin, sur les considérations économiques domestiques. C'est notamment ce à quoi aspire la jeunesse iranienne, qui devrait massivement se mobiliser. Je rappelle que 70% des Iraniens ont moins 40 ans.

*Me Ardavan Amir-Aslani, inscrit au barreau de Paris, est l'auteur notamment de "Iran et Israël: Juifs et Perses",(éditions du Nouveau Monde, 2013) et de "Iran - États-Unis : les amis de demain ou l'après-Ahmadinejad" (éditons Pierre-Guillaume de Roux, 2013).

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