Législatives en Italie : l’extrême droite et le Mouvement 5 étoiles revendiquent leur droit à gouverner

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ELECTION - Le Mouvement cinq étoiles opère une percée spectaculaire avec près de 32 % des voix, à l'issue des législatives dimanche. Cependant ni eux, ni la coalition de droite n'aura seul la majorité parlementaire nécessaire pour gouverner.

"Pour la première fois en Europe, les forces antisystème l'emportent", résumait ce lundi matin l'éditorialiste du quotidien La Stampa, au lendemain de la percée historique des forces contestataires, eurosceptiques et d'extrême droite, majoritaires en voix et en sièges après les législatives de dimanche en Italie. Avec un vote marqué à la fois par le rejet de la vieille classe politique (réunis, Forza Italia et le Parti démocrate réunissent à peine 33% des voix),  l'exaspération face au marasme économique et les tensions autour des migrants, l'Italie s'inscrit dans la lignée du Brexit, de la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis et de la poussée de l'extrême droite ailleurs en Europe.


La coalition de droite, rassemblant Forza Italia, la Ligue du Nord et Fratelli d'Italia, est arrivée en tête avec 37% des voix, selon des résultats partiels portant sur 95% des bureaux de vote. Mais en son sein, c'est la formation eurosceptique et anti-immigration de Matteo Salvini, avec son "Les Italiens d'abord !", qui a largement devancé le parti de Silvio Berlusconi. "Je suis quelqu'un qui tient parole et l'engagement a été pris au sein de la coalition : qui l'emporte peut gouverner", a lancé le leader proche de Marine Le Pen, comme un appel au vieux milliardaire à tenir sa promesse.

Le raz-de-marée du Mouvement 5 Etoiles

Ce scénario est mis à mal par l'irrésistible ascension du Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème), qui devient le premier parti du pays avec un score dépassant les 32%. Désormais, "tout le monde devra parler avec nous", s'est réjoui Alessandro Di Battista, l'un des responsables du mouvement, après une campagne dirigée contre la corruption et la "caste" politique italienne. Matteo Salvini a assuré qu'il parlerait "avec tout le monde" mais exclut devant la presse tout accord de majorité avec le M5S : "N, O, N, NON, et soulignez trois fois !", a déclaré le leader de la Ligue du Nord.


Matteo Salvini, qui aura 45 ans vendredi prochain, a transformé l'ancienne Ligue du Nord sécessionniste en une formation souverainiste et martelé un discours anti-immigration et défiant à l'égard de Bruxelles, qui semble avoir porté dans un pays en proie à l'euroscepticisme et qui a vu débarquer près de 700.000 migrants depuis 2013. Silvio Berlusconi, qui s'était présenté à Bruxelles comme le seul rempart contre les populistes et les forces anti-euro, a quant à lui perdu son pari et il n'est pas certain qu'il accepte de se ranger derrière Matteo Salvi. Le vieux milliardaire ne s'est d'ailleurs pas exprimé depuis dimanche soir.

Matteo Renzi, échec et mat ?

L'ancien Premier ministre Matteo Renzi, le leader du Parti démocrate italien, sort grand perdant des législatives. Un revers qui d'ailleurs pourrait l'obliger à céder la direction du Parti démocrate (PD). Aux élections européennes de 2014, le PD avait remporté 40% des voix sous l'impulsion de son bouillonnant leader. Mais ce dimanche, son parti, responsable des politiques d'austérité des dernières années, il est tombé à 19%, un échec cuisant pour même si le score resterait enviable pour nombre de ses partenaires de centre gauche en Europe. Arrivé à la tête du PD fin 2013 alors qu'il n'était que maire de Florence, sans avoir jamais siégé au Parlement ou été ministre, il promettait alors d'insuffler un vent nouveau. Echec et mat...

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