L'Egypte envoie trois journalistes derrière les barreaux

L'Egypte envoie trois journalistes derrière les barreaux

PRESSE - Trois journalistes de la chaîne qatarie Al-Jazeera ont été condamnés ce lundi à des peines allant de 7 à 10 ans de prison. "Un jour noir pour la liberté de la presse", a dénoncé Amnesty International.

A l'annonce du verdict, Mohamed Fadel Fahmy s'est écrié "Ils vont payer pour ça, ils vont payer pour ça! Je le jure!". Avec deux confrères journalistes pour Al-Jazeera, cet Egypto-canadien n'a pas pu retenir sa colère en apprenant la sentence infligée lundi par un tribunal du Caire : des peines de 7 à 10 ans de prison, après avoir déjà passé six mois dans les geôles du régime. Leur crime ? Un "soutien" aux Frères Musulmans, mouvement honni par le régime militaire au pouvoir depuis la destitution de Mohamed Morsi le 3 juillet 2013.

Dans le détail, l'Australien Peter Greste, ancien correspondant de la BBC, et Mohamed Fadel Fahmy ont écopé de 7 ans de prison. L’Egyptien Baher Mohamed, lui, a été condamné à 10 ans. La conclusion de plusieurs mois de procédure. Tout débute le soir du 29 décembre : alors qu'ils couvraient des manifestations pro-Morsi, Greste et Fahmy avaient été arrêtés dans une chambre d'hôtel du Caire transformée en bureau, peu après une descente de police dans les locaux d'Al-Jazeera. Des arrestations arbitraires qui vont très vite interpeller l'opinion publique.

"C'est la politique qui fait loi"

"C'est un verdict désastreux pour ces hommes et leurs familles et un jour noir pour la liberté de la presse en Egypte", a estimé lundi Amnesty International. Al-Jazeera a qualifié le verdict d'"injuste", tandis que l'Australie s'est dite "consternée". Mais rien ne semble pouvoir faire fléchir l'Egypte. Car les autorités considèrent Al-Jazeera comme le porte-voix du Qatar, auquel elle reproche son soutien aux Frères musulmans alors que Doha dénonce ouvertement la répression contre les pro-Morsi. Chaabane Saïd, avocat de la défense, a d'ailleurs dénoncé un verdict "politique". "Il n'y a aucune preuve contre les accusés, tous les journalistes devraient désormais s'inquiéter : il n'y a pas de justice, c'est la politique qui fait loi", a-t-il lancé.

Au total, 20 personnes comparaissaient dans cette affaire : 16 Egyptiens étaient accusés d'appartenance à une "organisation terroriste" -les Frères musulmans- et d'avoir cherché à "nuire à l'image de l'Egypte" et quatre étrangers d'avoir diffusé "de fausses nouvelles" en vue de soutenir la confrérie. Sur les neuf qui étaient détenus, outre les trois journalistes, deux ont été acquittés et quatre autres ont écopé de sept ans. Huit autres accusés étaient également jugés en leur absence. Tous ont écopé de 10 ans de prison.

 Lire aussi >> Egypte : justice expéditive pour les pro-Morsi avant la présidentielle

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