Les députés britanniques votent pour reporter le Brexit au 30 juin minimum

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BREXIT - Les élus britanniques ont finalement choisi de reporter la date buttoir du Brexit, prévue le 30 mars, au 30 juin prochain. Un court délai pendant lequel Theresa May compte bien faire valider son accord de sortie.

Enième rebondissement dans la grande saga du Brexit, qui devrait plonger encore un peu plus le Royaume-Uni dans l’incertitude. Voté contre un certain nombre d'attentes en 2016, la sortie britannique de l'Union européenne devait avoir lieu le 30 mars mais, faute d’accord des parlementaires britanniques, sa date est reportée. C’est ce qu’ont décidé ce jeudi les élus d’outre-manche à une large majorité. 

Ils auront désormais jusqu’au 30 juin pour approuver l’accord de retrait que Theresa May aura négocié avec l’Union européenne, qu’ils ont déjà retoqué à deux reprises. La Première ministre a prévu de leur soumettre une nouvelle fois d’ici au 20 mars. 

Pression de Theresa May

Un nouveau refus de l’accord soumis par May conduirait à un report plus long, allant au-delà du 30 juin. Si ce scénario arrive, le Royaume-Uni devra participer aux élections européennes en mai, a prévenu la Première ministre. Elle a même insisté sur la possibilité qu’il n’y ait pas de Brexit du tout. 

Bien décidée à en finir avec cet interminable feuilleton, la dirigeante conservatrice compte dès lors jouer sur cette menace pour obtenir des eurosceptiques de son parti et des députés du parti unioniste nord-irlandais DUP leurs ralliements.

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Si la stratégie de Theresa May pourrait bien rallier les voix de sa majorité, elle est loin d’obtenir l’approbation de l’opposition. Le leader du parti travailliste, Jeremy Corbyn, estime que cet accord, qui prévoit une sortie du marché unique et de l’Union européenne, n’est pas "une option viable".

Dans le camp d’en face, Donald Tusk, le président du Conseil européen, se veut réaliste. Il avait invité les 27 à être prêts à accorder "une longue prolongation" au Royaume-Uni s'il "accepte de repenser sa stratégie pour le Brexit et parvient à dégager un consensus autour de celle-ci". 

Le négociateur européen Michel Barnier a quant à lui fait part de sa grande inquiétude, ce jeudi soir, au sommet des régions à Bucarest : "La situation est grave et il faut se préparer à cette option que nous ne souhaitons pas". Bien que les députés britanniques sont contre l'idée d'une sortie de l’UE avec un "no deal", Barnier prévient qu’il ne faut pas sous-estimer les conséquences d’une telle issue.

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