Les dirigeants occidentaux jugent l'arrestation de Navalny "inacceptable"

Les dirigeants occidentaux jugent l'arrestation de Navalny "inacceptable"

RUSSIE - L'arrestation du principal opposant du pays à Moscou a suscité une vague d'indignation au sein de la communauté internationale. L'Union européenne et les États-Unis réclament sa "libération immédiate".

La France a fait part de sa "très forte préoccupation" après l'arrestation de l'homme politique Alexeï Navalny. Dans un communiqué du Quai d'Orsay, Paris a assuré suivre la situation de ce dernier "avec la plus grande vigilance", appelant "à sa libération immédiate. Le principal opposant russe a été interpellé par les services pénitentiaires dès son arrivée dans la capitale russe. Il volait depuis l'Allemagne, où il se trouvait en convalescence après un empoisonnement présumé.

Charismatique militant anti-corruption et ennemi juré du Kremlin, Alexeï Navalny, 44 ans, est recherché depuis fin décembre par le FSIN, le service en charge des prisons en Russie. Ce qu'on lui reproche ? D'avoir violé les conditions d'une peine avec sursis dont il a écopé en 2014. L'Union européenne (UE) et les États-Unis ont immédiatement condamné l'arrestation de l'opposant russe.

Réactions indignées de Washington à Bruxelles

Alexei Navalny "a pris la décision consciente de retourner en Russie qu'il considère comme sa patrie personnelle et politique" et le fait qu'il ait été arrêté "est totalement incompréhensible", a réagi ce lundi le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas. Le ministre social démocrate a en outre appelé la Russie à "enquêter de manière approfondie sur cette attaque et traduire les auteurs en justice". Son homologue britannique, Dominic Raab, s'est dit pour sa part "profondément préoccupé" quant au devenir l'opposant russe.

Après l'annonce de son arrestation, le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, a réclamé sa "libération immédiate" dans un tweet, tout en dénonçant la "politisation du système judiciaire inacceptable". De son côté, le ministre lituanien des Affaires étrangères, Gabrielius Landsbergis, a appelé les 27 États membres à "discuter de nouvelles sanctions" contre la Russie. En octobre dernier, l'Union européenne avait sanctionné six proches de Vladimir Poutine, jugés responsables de l'empoisonnement au Novitchok d'Alexei Navalny. 

Outre-Atlantique, les réactions de l'administration du futur président américain ne se sont pas faites attendre. Alexeï Navalny "doit être libéré immédiatement" a exhorté Jake Sullivan, futur conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden. "Les attaques du Kremlin contre Alexei Navalny ne sont pas seulement une violation des droits humains, mais un affront au peuple russe qui veut que sa voix soit entendue", a-t-il tonné sur le réseau social Twitter. "Les Etats-Unis condamnent fermement la décision de la Russie d'arrêter Alexeï Navalny", a déclaré de son côté le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo.

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Le retour en Russie d'Alexei Navalny, comme son arrestation immédiate n’avaient pas dimanche soir les honneurs des journaux télévisés. L'envoyer en prison risquerait de faire de lui un martyr et renforcerait encore sa stature. Pour l'heure, difficile toutefois de savoir qu'elle tournure prendra l'affaire. La justice russe prépare aussi le terrain à de nouvelles condamnations. Le 29 décembre dernier, elle a ouvert une enquête pénale à son encontre pour "escroquerie à grande échelle", un crime passible de dix ans de prison. 

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