Les élections américaines en question(s) : le caucus de l’Iowa est-il vraiment décisif ?

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EPISODE 7 - Lundi 1er février 2016, les électeurs de l’Iowa ouvriront le bal des primaires américaines, qui désigneront les deux candidats pour l’élection présidentielle. Un scrutin un peu particulier, parfois complexe, durant lequel le futur président des Etats-Unis peut se révéler.

Place aux urnes ! Après avoir fait monter la sauce durant plusieurs à coup de débats télévisuels, les candidats à la présidentielle américaine vont (enfin) laisser les électeurs se prononcer. Début des hostilités lundi 1er février dans l’Iowa, un Etat petit par la taille – 3,1 millions d’habitants - mais immense pour son influence sur les autres scrutins. Enfin, tout dépend de quel camp il s’agit.

Côté démocrate, nul doute que les votes dans l’Iowa se révèlent la plupart du temps prémonitoires. Jugez plutôt : sur les 10 scrutins qui se sont déroulés depuis 1976, le vainqueur dans cet Etat a été à sept reprises le gagnant de la primaire. En tout, il y a environ 584.000 électeurs démocrates actifs. Dans le camp d’en face, l’Histoire est nettement plus mitigée : il faut remonter à l'an 2000 pour que le vainqueur de l'Iowa, George W. Bush, soit au final le candidat retenu par le parti à l'issue des primaires. La plupart des scrutins ont en effet vu les 612.000 républicains actifs voter à contre-courant de l’ensemble du pays. En 1980 par exemple, ils préfèrent George H.W. Bush à Ronald Reagan, qui représentera finalement le parti.

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Méthode complexe 

Différents, les deux partis le sont également dans leur méthode. Les électeurs républicains, eux, se réunissent et, après quelques formalités d'organisation, des représentants font un court discours pour appeler à voter pour leur candidat. Un vote à bulletin secret a ensuite lieu. Après dépouillement, le bureau de vote rapporte le résultat au parti, qui agrège les résultats et proclame vainqueur celui qui a reçu le plus de voix au niveau de l'Etat.

Chez les démocrates, il n'y a pas de vote, et la méthode est complexe : les partisans de chaque candidat se rassemblent physiquement dans une zone de la pièce où se déroule la réunion. Par exemple, les partisans d'Hillary Clinton dans un coin, ceux de Bernie Sanders dans l'autre. Après une demi-heure d'alignement, les groupes qui arrivent en-dessous du seuil de viabilité (souvent 15% du nombre de personnes) sont éliminés. Leurs partisans doivent soit rejoindre d'autres groupes, soit s'en aller. A l'issue du réalignement, les groupes sont comptés et leur sont attribués un nombre de délégués proportionnel à leur taille. Une seconde étape est nécessaire : le calcul selon un ratio du nombre de délégués à la convention d'Etat qu'obtiendrait chacun des candidats, à partir du nombre de délégués élus aux conventions de comtés. Le candidat qui obtient le plus grand nombre équivalent de délégués à la convention d'Etat, sur un total de 1.406, est proclamé vainqueur. Ouf !

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