Les Etats-Unis en pénurie d'injections létales

Les Etats-Unis en pénurie d'injections létales
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MISE A MORT - Plus aucun laboratoire pharmaceutique ne veut autoriser les prisons américaines à utiliser leurs médicaments pour fabriquer des injections létales. Face à cette pénurie, plusieurs Etats se tournent vers des circuits illégaux pour s'approvisionner.

La peine de mort est-elle en sursis outre-Atlantique ?  Le dernier laboratoire pharmaceutique à tolérer l’utilisation de ses médicaments pour la fabrication des cocktails létaux a annoncé vendredi qu’il mettait fin à cette collaboration avec les prisons américaines. Le géant américain Pfizer a, dans un communiqué , justifié sa décision en rappelant que sa mission était de "sauver la vie des patients".

Pfizer était le seul laboratoire approuvé par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA). Et le laboratoire s’est engagé à poursuivre les pharmacies qui fourniraient les institutions pénales. Face à cette pénurie, les 31 Etats où la peine de mort est encore en vigueur outre-Atlantique vont avoir plus de difficultés à s’approvisionner. Plusieurs d’entre eux ont d'ailleurs déjà trouvé des méthodes alternatives pour y remédier.

Peloton d’exécution, chambre à gaz et… produits illégaux

Quelques Etats ont décidé de revenir à des méthodes plus anciennes pour appliquer la peine de mort. Alors que l’Oklahoma utilise l’électrocution , l’Arizona, le Missouri ou encore le Wyoming autorisent l’utilisation de la chambre à gaz. L’Utah a également rétabli le peloton d’exécution.

Mais la plupart des Etats préfèrent se tourner vers des officines non homologuées par la FDA pour se fournir en produits létaux. Certains, comme l’Arkansas et le Missouri, ont passé des accords pour garantir l’anonymat de leurs fournisseurs. D’autres se sont même tournés vers des circuits clandestins à l'étranger. Ainsi de nouveaux cocktails létaux sont testés, mais ces derniers ne donnent pas toujours les effets attendus. 

Controverse et recul de la peine de mort

Depuis deux ans, plusieurs Etats ont en effet procédé à des exécutions très critiquées : des condamnés à mort ont mis des heures à rendre leur dernier souffle, après une atroce agonie. Les nouveaux cocktails létaux expérimentés ne comportent pas toujours le bon produit, comme dans le cas de Charles Warner , exécuté en janvier 2015 avec de l’acétate de potassium au lieu de chlorure de potassium et qui a mis 18 minutes à mourir.

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Des avocats de prévenus condamnés à la peine capitale ont lancé des recours de dernière minute pour retarder la mise avec mort , doutant des cocktails létaux fabriqués, et ont obtenu avec succès des suspensions de peine. Face à ces ratés, l’Oklahoma a d’ailleurs annoncé en novembre que toutes les exécutions étaient suspendues  jusqu’à la fin de l'année. Et les conséquences sont sans appel : avec 28 mises à mort en 2015, le nombre d'exécutions aux Etats-Unis a chuté à son point le plus bas depuis vingt-cinq ans.

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