Trêve en Syrie : Bachar el-Assad approuve l'accord russo-américain

John Kerry, Sergueï Lavrov et Bachar el-Assad
International

CESSEZ-LE-FEU - Bachar el-Assad a approuvé ce samedi l'accord trouvé la veille entre John Kerry et Sergueï Lavrov pour un arrêt des combats entre le régime de Damas et les groupes rebelles pendant une semaine à partir de lundi.

Le gouvernement de Damas a approuvé samedi l'accord  russo-américain trouvé la veille sur une trêve entre le régime d'Assad et les rebelles sur l'ensemble du territoire national. Celui-ci doit entrer en vigueur lundi, jour du début de l'Aïd.  "Le gouvernement syrien a approuvé l'accord, dont l'un des objectifs est de parvenir à une solution politique à la crise en Syrie", a rapporté l'agence de presse officielle syrienne, précisant qu'il "y aura une cessation des hostilités dans la ville d'Alep pour des raisons humanitaires".

Malgré leurs profonds différends sur le conflit depuis ses débuts, les Etats-Unis et la Russie avaient finalement réussi ce vendredi à trouver un accord à Genève. "Nous espérons que ce plan permettra de réduire la violence" et d'ouvrir la voie "à une paix négociée et à une transition politique en Syrie", s'était réjoui le secrétaire d'Etat américain John Kerry, soutenu par son homologue russe Sergueï Lavrov.

Les deux pays cherchent ainsi à relancer un plan de paix adopté en 2015 par la communauté internationale qui prévoyait notamment un cessez-le-feu durable, une aide humanitaire et une transition politique entre l'actuel régime au pouvoir et l'opposition modérée.

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Une collaboration militaire

Cet accord russo-américain "permet de mettre en place une coordination efficace pour lutter contre le terrorisme, avant tout à Alep, et permet de renforcer le cessez-le-feu. Tout cela crée les conditions pour un retour au processus politique", avait précisé le diplomate russe. 

Si la trêve dure "une semaine", les Américains ont annoncé qu'ils étaient prêts à collaborer avec la Russie sur le plan militaire. "Les Etats-Unis acceptent de faire un pas supplémentaire car nous pensons que la Russie et mon collègue (Sergueï Lavrov, ndlr) ont la capacité de faire pression sur le régime Assad pour mettre fin à ce conflit et venir à la table des négociations", a expliqué John Kerry, alors que les deux pays travaillent depuis des mois pour trouver un tel accord sur le sujet. 

Pour autant, son homologue russe s'est montré plus mesuré et a assuré qu'il ne pouvait garantir à "100%" la réussite de ce plan.

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Un partage d'informations sur les frappes aériennes

Les deux puissances se sont tout de même accordées pour renforcer leur action contre les djihadistes. La coopération pourrait alors passer par un partage d'informations sur les frappes aériennes. Ce qui est une réelle avancée puisque Washington s'y était toujours refusé. 

Un "centre conjoint" russo-américain devrait ainsi voir le jour pour coordonner les frappes. A l'intérieur, "des militaires et des représentants des services secrets russes et américains s'occuperont des questions pratiques : distinguer les terroristes de l'opposition modérée", a détaillé Sergueï Lavrov.

Cependant, les engagements inscrits dans l'accord "doivent être totalement respectés avant toute coopération militaire potentielle", a tout-même précisé le Pentagone.

L'opposition syrienne a quant a elle salué cet accord, "s'il venait à être appliqué". Bassma Kodmani, membre du Haut comité des négociations (HCN), qui rassemble les principaux représentants de l'opposition et de la rébellion syriennes, espère qu'il sera "le début de la fin du supplice des civils".

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