Les Etats-Unis sont-ils une cible pour Daech ?

Les Etats-Unis sont-ils une cible pour Daech ?

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DECRYPTAGE - Selon un rapport publié mardi, des dizaines d'Américains ont été arrêtés depuis le 1er janvier pour leurs liens avec le groupe Etat islamique. Il n'y aurait cependant aucune menace "spécifique", selon Washington. Eclairage.

Le chiffre est éloquent. Depuis le mois de janvier, les autorités américaines ont interpellés 56 personnes pour leurs liens avec le groupe Etat islamique. Un record depuis le 11-Septembre, selon un rapport de l’université George Washington révélé mardi par le New York Times . Faut-il y voir un risque d’attentat sur le sol américain ? Pas sûr. "Il n'y a pas actuellement de menace spécifique, crédible", rassurait-on à Washington la semaine dernière.

Pourtant, les Etats-Unis figurent en première place sur la listes des cibles de Daech. Le groupe terroriste a mis en ligne il y a quelques jours une nouvelle vidéo dans laquelle il menace d'attaquer la Maison blanche avec des attentats suicides et des véhicules piégés. Et la veille, une autre séquence de propagande avait montré des scènes tournées à New York, laissant supposer que les djihadistes visaient désormais la ville. Déjà le 3 mai dernier, le pire avait été évité de peu au Texas : deux assaillants avaient été tués lors d’une tentative d’attentat contre un centre culturel. Un acte revendiqué par Daech deux jours plus tard. "La menace d’un loup solitaire est prise au sérieux. Les Américains savent cela, mais cette peur est moins forte qu’il y a 14 ans", estime François Durpaire, universitaire et spécialiste des Etats-Unis.

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"Des centaines de ressortissants" en Syrie

Une menace aussi complexe à cerner qu’en France. Car selon le rapport publié mardi par le New York Times, il s’avère impossible d’établir un profil-type de l’apprenti terroriste : sur les 71 personnes arrêtées depuis mars 2014, 40% sont des convertis à l'islam et une grande majorité a la nationalité américaine. A titre de comparaison, la proportion de converti dans le pays est d'environ 23%. Par ailleurs, l'âge moyen est de 26 ans et il y a 14% de femmes.

Du côté des parlementaires chargés de la Sécurité et du Renseignement, une attaque perpétrée par des djihadistes se réclamant de l’EI est envisageable. Les Etats-Unis ont "des centaines" de leurs ressortissants "qui se rendent là-bas et 50 sont revenus aux Etats-Unis", a déploré la semaine dernière sur CNN Michael McCaul, président républicain de la commission de la Sécurité intérieure. Or jusqu'ici, le gouvernement américain estimait seulement qu'une "centaine" de ses ressortissants s'étaient battus dans les rangs de l'EI ou d'autres groupes djihadistes. "Au cours des 12 derniers mois, il y a eu plus de signes de menaces à la fois chez nous et au Moyen-Orient que nous n'en avons eus depuis le 11-Septembre. Donc le risque reste élevé", a estimé pour sa part le républicain Richard Burr, président de la commission du Renseignement du Sénat.

Depuis les attentats du 13 novembre, le camp républicain appelle à un durcissement du combat et à un tournant plus sécuritaire, regrettant "l'absence de stratégie" américaine. Une stratégie plus élaborée qu’elle n’y paraît, selon François Durpaire : "C’est un secret de polichinelle que les forces spéciales interviennent sur le sol syrien et irakien. Mais Barack Obama est en effet dans une position délicate : il ne peut pas lâcher François Hollande en rase campagne, et ne peut pas non plus être trop faible sur le terrain à cause de l’intervention russe. Malgré tout, il restera comme le président qui a tué le plus de terroriste durant son mandat."

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