Les Etats-Unis sous la menace d’une "bombe" météorologique et d’un froid record

Les Etats-Unis sous la menace d’une "bombe" météorologique et d’un froid record

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DÉPRESSION – Alors que l’Europe et la France sont balayées par la tempête Eleanor, les Etats-Unis, déjà confrontés à des températures polaires dans le nord-est, pourraient se retrouver à leur tour frappés par une tempête hivernale. Les prévisionnistes américains redoutent un phénomène météorologique qualifié de "bombe", potentiellement exceptionnel.

De la neige, du vent et, surtout, un très grand froid. Alors que l’Europe et la France sont touchées ce mercredi par la tempête Eleanor, les Etats-Unis, déjà confrontés depuis une dizaine de jours à des températures polaires dans le nord-est, devraient se retrouver à leur tour secoués par une dépression hivernale. Une dépression qui pourrait être aussi intense qu’exceptionnelle. Et pour cause : comme le relève notamment le Washington Post, les prévisionnistes américains redoutent qu’un phénomène météorologique de "bombe" frappe la quasi-totalité de la côte est ces prochains jours (voir l'animation ci-dessous). La confrontation du froid glacial des terres avec la chaleur remontant des mers caribéennes par le courant océanique du Gulf stream crée en tout cas un terrain propice à sa formation. 

"Une 'bombe météorologique' n’est pas un terme météorologique à proprement parler, mais elle est définie comme un système d’intense basse pression avec une pression centrale qui tombe de 24 hectopascals (hPa) en 24 heures", explique sur son site le Met Office, le service britannique de météorologie. "Elle se produit quand de l’air sec de la stratosphère arrive dans une zone de basse pression. Cela provoque une augmentation et une rotation rapides de l’air dans la dépression, ce qui fait baisser la pression et génère une tempête plus vigoureuse." À l’affut de la moindre variation de pression, les météorologues américains sont aux aguets. 

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L'Amérique du Nord fait face à une vague de froid polaire

Des conditions proches du blizzard

"Certaines modélisations informatiques projettent une pression centrale minimum de moins de 950 hPa au pic de la dépression, ce qui serait quasi-inouï pour cette partie du monde à part avec les ouragans", écrit Andrew Freedman, expert en science pour le site Mashable. "À titre de comparaison, l'ouragan Sandy avait une pression centrale minimum d'environ 946 hPa quand il est arrivé dans le New Jersey en 2012", poursuit-il. "En général, plus basse est la pression, plus forte est la tempête. (…) Si les projections sont correctes, cela pourrait être l’une des plus fortes tempêtes hivernales jamais enregistrées, au moins dans cette partie de l’Atlantique Nord."


De quoi laisser les spécialistes ébahis. "Il y a plus d’une simulation qui prévoir une chute des pressions sous les 950 hPa", souligne sur Twitter Greg Postel, météorologue expert des ouragans. "Je n’arrive pas à me souvenir d’un cyclone extratropical de cette ampleur au large de la côte est ces derniers temps. Bien sûr, il peut ne pas se produire, mais tout de même." Attendu en fin de semaine, entre jeudi et vendredi, le gros des perturbations devrait essentiellement se concentrer en Nouvelle-Angleterre, entre New-York à la frontière canadienne, où les conditions climatiques sont susceptibles de ressembler à celles d’un blizzard. Mais d’autres Etats situés plus au sud – Floride, Géorgie, Caroline du Sud par exemple – pourraient les devancer en subissant des intempéries dès ce mercredi, avec d’inhabituelles chutes de neige et une importante baisse des températures.

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