Les Etats-Unis toujours en "shutdown" : Donald Trump menace de fermer la frontière avec le Mexique

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BLOCAGE - La paralysie partielle des administrations américaines, ou "shutdown", semble sans issue d'ici 2019. Donald Trump s'est impatienté sur Twitter et a menacé de fermer totalement la frontière avec le Mexique si son projet de mur anti-immigration n'était pas financé.

Les négociations entre démocrates et républicains pour mettre fin au shutdown sont au point mort : Donald Trump compense avec une salve de douze tweets à propos de l'immigration et des relations diplomatiques avec l’Amérique du sud. Vendredi 27 décembre, le président américain a menacé de fermer la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique si les démocrates n'acceptaient pas de financer la construction de son mur. Il a également critiqué l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) qui le lie au Canada et au Mexique. Et a une nouvelle fois remis en cause les aides financières accordées au Honduras, au Guatemala et au Salvador.

Donald Trump passe aux menaces

Le président a fait de la construction de ce mur de 3.000 km à la frontière avec le Mexique l'une de ses priorités pour endiguer l'immigration clandestine. Il exige pour cela cinq milliards de dollars, sans quoi il ne validera pas le financement de 25% des administrations fédérales, paralysées depuis le 22 décembre à minuit. Les démocrates ne veulent pas en entendre parler, mais ont proposé de voter le déblocage de 1,3 milliard de dollars pour la sécurité aux frontières. Une solution visiblement insuffisante pour Donald Trump, qui a tweeté au septième jour du shutdown : "Nous allons être contraints de fermer la frontière sud complètement si les démocrates obstructionnistes ne nous donnent pas l'argent pour terminer le mur".

Pour Donald Trump, une telle fermeture serait "rentable" car les Etats-Unis perdent de "l'argent en faisant du commerce avec le Mexique avec l'Aléna". Interrogé sur les menaces de fermeture de la frontière, le président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador, a déclaré : "Nous ne voulons pas être imprudents, nous n'estimons pas devoir participer à ce débat."

Dans la même avalanche de tweets, Donald Trump a affirmé s'apprêter à  "supprimer toutes les aides" destinées au Honduras, au Guatemala et au Salvador, pays rongés par la pauvreté et la criminalité qui, selon lui, ne font pas assez pour empêcher l'afflux de migrants vers les Etats-Unis. En octobre, Donald Trump avait déjà annoncé une réduction immédiate des aides à ces trois pays.

800 000 employés affectés par l'impasse

Heureusement le "shutdown" actuel n'est que partiel, car le gouvernement avait réussi à s'accorder en automne sur le budget de 75% des administrations, dont des ministères cruciaux comme celui de la Défense. Mais les conséquences restent dramatiques pour les 800.000 employés affectés. Au chômage technique, ils ne sont plus payés tant que continue le bras de fer entre républicains et démocrates. Pour les aider, le bureau chargé des ressources humaines du gouvernement fédéral a présenté sur internet des exemples de lettres pour négocier des reports de paiements.

Le président américain a ainsi ironisé sur le fait que les démocrates avaient le plus à perdre dans cette paralysie du pays, puisque la plupart "des gens qui ne sont pas payés" à cause du shutdown votent pour eux. Mais à en croire un sondage Reuters/Ipsos rendu public jeudi, 47% des Américains tiennent Donald Trump pour responsable du "shutdown" partiel de l'administration américaine, contre 33% qui l'imputent aux élus démocrates du Congrès.

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Après avoir renoncé à se rendre dans sa luxueuse demeure de Floride pour les fêtes, Donald Trump "a annulé ses projets pour le Nouvel an", a-t-il précisé. En face, les chefs démocrates sont silencieux depuis Noël. La balle est donc dans le camp du Sénat, qui reprendra l'examen d'une loi budgétaire mercredi 2 janvier. 

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